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Trump incite la presse à identifier l’auteur de la tribune sur la « résistance »

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Donald Trump à bord d'Air Force One, le 7 septembre 2018. | © AFP PHOTO / Nicholas Kamm

Politique

Donald Trump a incité vendredi la presse à révéler l’identité de l’auteur de la tribune évoquant l’existence d’une «résistance» au sein de la Maison-Blanche et appelé le ministère de la Justice à ouvrir une enquête.

Pour une fois que Donald Trump incite la presse à faire son travail… Vendredi, deux jours après la publication d’une édifiante tribune dans laquelle un membre de l’administration Trump évoque l’existence d’une « résistance » au sein de la Maison Blanche pour contrecarrer les pires instincts du président américain, ce dernier a appelé les journalistes à identifier l’auteur du texte : « Ca serait un bon scoop ! », a-t-il lancé. Jeudi, il a tout de même tenté de minimiser la place de cet auteur anonyme, simplement présenté comme « un haut responsable de la Maison Blanche » : « Ce n’est peut-être pas un républicain. Ce n’est peut-être pas un conservateur. C’est peut-être une personne de l’Etat profond qui est là depuis longtemps », a-t-il assuré, interrogé par Fox News. Une référence à « l’Etat profond » que Donald Trump dénonce régulièrement comme source de ses ennuis judiciaires et de son manque de reconnaissance dans les médias, accusant souvent les institutions de Washington et voulant les démanteler (« drain the swamp », « vider le marécage », est une de ses expressions fétiches).

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Le président américain a même appelé le ministère de la Justice à ouvrir une enquête sur cette tribune, évoquant un acte de trahison -dans le sens du tweet qu’il a publié jeudi. « Je dirais que Jeff [Sessions] devrait enquêter qui est l’auteur de ce texte car je pense vraiment que c’est une question de sécurité nationale », a-t-il déclaré vendredi, à bord d’Air Force One. On peut imaginer qu’il a peu apprécié que l’auteur écrive que certains membres de l’administration font pour « déjouer les impulsions les plus malvenues de M. Trump tant qu’il est au pouvoir ». Une phrase qui fait écho à une scène racontée par le journaliste Bob Woodward dans son livre à paraître, lorsque son ancien conseiller économique Gary Cohn a «volé une lettre qui se trouvait sur le bureau de Trump», avec laquelle il comptait acter le retrait américain d’un accord commercial avec la Corée du Sud.

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« Très injuste pour notre pays »

Jeudi, avant un meeting dans le Montana, il avait qualifié le texte de « très injuste pour notre pays et pour les millions de gens qui ont vraiment voté pour nous ». « Ils ont voté pour nous », a-t-il répété, faisant écho à une déclaration publiée par le bureau de Melania Trump, dans laquelle il est écrit : « À l’auteur de la tribune : vous ne protégez pas ce pays, vous le sabotez avec vos actions lâches ». Un sentiment de trahison qui a gagné son entourage puisque, selon le New York Times, une liste d’une douzaine de noms de « suspects » aurait été rédigée par le « chief of staff » John Kelly. Le sénateur républicain du Kentucky Paul Rand a même suggéré de soumettre certains à un détecteur de mensonges.

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