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Affaire Fillon : Des procès-verbaux accablants pour l’ancien candidat à la présidentielle

François Fillon. | © Joël Saget/AFP

Politique

Le Journal du Dimanche divulgue ce matin le contenu des procès-verbaux des enquêtes dans le cadre de l’affaire Fillon. L’ancien Premier ministre a été mis en examen le 14 mars 2017 pour « détournement de fonds publics » et « recel d’abus de biens sociaux ».   

 

Le 14 mars 2017, François Fillon alors candidat pour l’élection présidentielle, était mis en examen pour « détournement de fonds publics » et « recel d’abus de biens sociaux ». Sa femme Penelope, elle, était poursuivie pour « complicité et recel d’abus de biens sociaux ». L’ancien Premier ministre est notamment accusé d’avoir fait bénéficier d’emplois fictifs son épouse avec la complicité de son ami, l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière. Le député européen Marc Joulaud, ancien suppléant de ­François Fillon à l’Assemblée nationale, est également mis en examen dans cette affaire.

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Si François Fillon a été éliminé au premier tour de l’élection présidentielle et s’est depuis retiré de la vie politique, l’enquête continue. Il apparait au gré des révélations du contenu des procès-verbaux par Le Journal du Dimanche que le procès semble inévitable, tant sa ligne de défense paraît mince. François Fillon a été interrogé par le juge d’instruction Serge Tournaire le 7 septembre dernier. Selon Le JDD, c’était la dernière étape avant la conclusion du dossier et le renvoi des protagonistes devant le tribunal correctionnel. 

Penelope Fillon ne se souvient de rien

François Fillon a expliqué ce jour-là devant le juge que « le mode de fonctionnement de (son) épouse dans l’équipe était pour l’essentiel oral », manière de justifier l’absence réelle de preuves écrites de son travail effectif à ses côtés. Selon lui, alors qu’elle ne figurait pas l’organigramme de son équipe saisi lors d’une perquisition menée à son bureau de l’Assemblée nationale, elle devait lui rapporter « les opinions, les critiques, les jugements des habitants », le représenter en son absence et faire des analyses de presse. Pas de chance, les quelque rapports écrits ont été détruits en même temps que ses archives parlementaires, avait-il anticipé le 29 mai dernier. Des cartons ont pourtant été retrouvés à son bureau, sans la moindre trace d’une activité à ses côtés de Penelope.

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Les perquisitions menées notamment au domicile du couple n’ont pas non plus permis de retrouver la moindre trace d’une activité de Penelope Fillon comme assistante parlementaire et les témoignages en sa faveur sont toujours flous. Plus surprenant encore, l’existence d’une note dans son ordinateur, écrite à la première personne, qui détaille les emplois qu’elle a occupés auprès de son mari, note dont elle n’a aucun souvenir. La note intitulé « Pour Penny », commence par ses mots : « Juin 1997. Je commence à travailler en étant rémunérée par François, jusque-là c’était de façon informelle. »

Penelope Fillon ne se souvient pas non plus d’une autre note qui contenait elle des « éléments de langage », retrouvée par les enquêteurs dans un exemplaire de La Revue des deux mondes de 2017. Éléments de langage qui justifiaient son emploi dans cette même revue. Bref, l’épouse du candidat malheureux ne se souvient de rien. Rappelons qu’elle aurait touché plus de 830 000 euros pour son rôle d’assistante parlementaire entre 1981 et 2016, sans oublier l’argent touché pour son travail de conseillère littéraire à La Revue des deux mondes.

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