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« Non, pas lui ! » : Au Brésil, des milliers de femmes défilent contre le candidat misogyne Jair Bolsonaro

#EleNao

Dans tout le pays, des femmes ont lancé une vague de manifestations contre de candidat d'extrême-droite Jair Bolsonaro qui a tenu des discours racistes, misogynes et homophobes | © AFP PHOTO / Nelson Almeida

Politique

Au total 62 villes, selon le site internet d’informations G1, ont vu des milliers de femmes descendre dans les rues, à huit jours du premier tour de la présidentielle dont M. Bolsonaro est le favori.

Selon les organisateurs, plus de 500 000 personnes ont défilé dans les rues de 62 villes brésiliennes pour protester contre le favori du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne, Jair Bolsonaro. Le mouvement avait été lancé sur les réseaux sociaux, à travers le hashtag  #elenao (non, pas lui) ou #elenunca (lui, jamais),  par un groupe de femmes réunies en septembre dans un groupe Facebook baptisé « Les femmes unies contre Bolsonaro ».

« Ce type de politique ne représente pas la culture brésilienne »

« Ici, il y a des personnes blanches, noires, homosexuelles, des pères et des mères de famille, avec une grande diversité. Et ce type de candidat [Bolsonaro], ce type de politique ne représente pas la culture brésilienne dans sa grande diversité », a déclaré à l’AFP Beatriz Lorena, une enseignante de 33 ans qui a rejoint la foule massée sur la place Cinelandia et les rues adjacentes, dans le centre de Rio. Aussi présente lors de la manifestation, Cristina, 56 ans, ajoute : « Quelqu’un qui défend la violence, le racisme ou dévalorise les femmes ne peut pas être président du Brésil ». 

Brésil
©  AFP PHOTO / Nelson Almeida

« Élu officiel le plus haineux et misogyne au monde »

Jair Bolsonaro, député de 63 ans, caracole en tête des intentions de vote du premier tour de la présidentielle du 7 octobre.  Il est surnommé « la légende » par ses nombreux adorateurs qui voient en lui une promesse d’ordre et de sécurité. Le Brésil, quatrième plus grande démocratie au monde, compte plus de 60 000 homicides par an. Après avoir été hospitalisé suite à un coup de poignard en plein bain de foule au début du mois, le candidat d’extrême droite est sorti de l’hôpital samedi matin. Il a d’ores et déjà annoncé qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats de l’élection s’il n’était pas élu.

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Mais le candidat favori inquiète une partie des citoyens et la communauté internationale. Il a ouvertement fait l’apogée des dictatures et a régulièrement défrayé la chronique avec des déclarations homophobes, racistes et sexistes, au point d’être qualifié le plus « l’élu officiel le plus haineux et misogyne au monde ». Il a – entre autres – dit à une députée qu’elle ne « méritait pas » qu’il la viole, et déploré la longueur des congés de maternité.

Jair Bolsonaro
©  AFP PHOTO / Nelson Almeida

Face à la montée de popularité du candidat dans le pays, le mouvement des « femmes contre Bolsonaro » espère renverser la tendance. Ces rassemblements représentent en outre une première, a observé Ligia Fabris Campos, professeure de droit à la Fondation Getulio Vargas : « Dans l’histoire récente du pays sud-américain, on ne trouve pas la trace d’une mobilisation aussi importante liée aux femmes ».  

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