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Le grand danger des communales ? La défiance des institutions

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Le 14 octobre, l’abstention pourrait connaître un chiffre record. | © BELGA PHOTO JASPER JACOBS

Politique

Le scrutin local est le joyau de la démocratie. Un bain de jouvence et de proximité. Pourtant, du côté francophone, la défiance est de mise.

Bon nombre de candidats le confient en Wallonie et à Bruxelles : «Vivement le 15 octobre, au lendemain des élections ! » Le contact avec la population semble de plus en plus difficile. Les dérapages sont nombreux. Les véritables enjeux ? Bof. L’enseignement, le logement, l’aide sociale, la culture, les espaces verts, l’urbanisme. Ce qui nous concerne au quotidien est balayé par l’anecdotique. A moins que ces anecdotes ne reflètent l’état d’âme de l’électeur.

Se désintéresser, ne plus y croire, hurler sa déception ou sa haine sur le clavier d’un ordinateur. L’abstention pourrait connaître des chiffres record. Les scandales Publifin et du Samusocial ont touché de plein fouet la structure locale, après les affaires de Charleroi. La défiance s’est répandue comme une tache d’huile sur l’ensemble des institutions.

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Surtout ne pas se fâcher avec un autre parti

Et puis, le système belge empêche le débat à vif. Le système proportionnel l’annihile. Tous les partis espèrent peu ou prou monter au pouvoir. Impossible, ou en tout cas téméraire, de se fâcher avec un adversaire qui pourrait devenir le partenaire de demain. Les jeux sont très ouverts dans beaucoup de villes. Alors, il ne faut pas (se) fâcher.

Charleroi, Liège et Mons ? Quasi tout le monde espère s’accrocher au PS pour entrer dans le collège. Namur ? Le PS rêve de défier les pronostics aux dépens du bourgmestre cdH Maxime Prévot. La tête de liste rouge, Eliane Tillieux, reste enfermée dans sa timidité. Les débats télé sont scolaires à désespérer. Du coup, seul le PTB agite Landerneau. Du punch dans la rue et sur les écrans. Raoul Hedebouw est en forme comme jamais. Il est le seul à secouer le cocotier.

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A part lors de la rentrée politique, les présidents de parti sont restés au frais. Aucune déclaration tapageuse. La campagne est cristallisée depuis le début, alors que ce phénomène ne s’observe généralement que lors de la dernière semaine. Peur de commettre des erreurs, peur d’apparaître parce que nécessairement critiqué sur les réseaux sociaux, peur de son ombre.
Les communes souffrent d’une crise de confiance : celle qui frappe toute la politique belge.

Le bourgmestre qui symbolisait le politique près de chez vous n’a plus la même aura. Injuste ? En partie, oui. Les communes sont aujourd’hui le réceptacle de démissions en série. Un exemple criant ? Elles accueillent et nourrissent les exclus du chômage. L’Etat fédéral s’en est déchargé avec des compensations frisant le ridicule. Les communes ont été finalement les premières victimes de la crise financière de 2008. Elle ont vu disparaître leurs dividendes de la banque Dexia.

La politique de proximité en a évidemment souffert. CQFD. En Wallonie, l’impôt des personnes et/ou le précompte immobilier ont augmenté dans une commune sur trois, alors qu’elles sont en grande majorité bien gérées. Puisse la dernière ligne droite de la campagne électorale démentir que les communes sont, elles aussi, victimes de la grande méfiance populaire et donc un vivier de votes extrémistes.

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