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Élections : Quel est le rôle des communes dans l’accueil des migrants ?

CIRé

À travers la campagne "je vote solidaire", le CIRé rappelle aux électeurs que les communes détiennent elles aussi des pouvoirs en ce qui concerne l'accueil des étrangers. | © Capture d'écran Instagram @CiréASBL

Politique

Face aux polémiques entourant la politique migratoire fédérale, les associations rappellent à l’approche des élections communales que les pouvoirs locaux peuvent jouer un rôle fondamental dans l’intégration des personnes étrangères. Un exemple récent : la commune d’Anderlecht a ouvert en septembre sa « Maison des Voyageurs » destinée aux primo-arrivants.

 

Face au système compliqué de répartition des compétences en Belgique, un raccourci facile peut être opéré : la migration n’est pas dans le portefeuille communal. Le sujet n’a-t-il donc pas sa place au niveau des pouvoirs locaux ? Loin de là. Comme le rappelle le CIRé (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers) dans sa campagne «Je vote solidaire », si l’accueil des demandeurs d’asile et l’octroi d’un permis de séjour sont effectivement gérés au niveau fédéral, les communes peuvent elles aussi jouer un rôle fondamental dans l’accueil des résidents étrangers. Un exemple récent : la Maison des Voyageurs, destinée aux primo-arrivants, a ouvert ses portes à Anderlecht en septembre.

Échanges interculturels et intégration

Dans un esprit d’accueil et d’échanges interculturels, la Maison des Voyageurs, aux murs tapissés de pancartes rappelant les droits de l’Homme et photos du monde entier, propose des permanences d’information sociale, des séances de cuisine du monde et des tables de conversations. L’initiative est née suite à des tables rondes citoyennes organisées à l’automne 2017 par la commune d’Anderlecht.

Migration communes
©  Fanny Gosset, Commune d’Anderlecht

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La Maison des Voyageurs représente en elle-même l’esprit d’accueil, de partage et de cohésion encouragé par la campagne du CIRé « Je vote solidaire » en vue des élections communales. À travers celle-ci, l’ASBL rappelle aux électeurs que les communes détiennent elles aussi des pouvoirs en ce qui concerne l’accueil des étrangers. « La politique migratoire belge et européenne sont très restrictives », expliquait en direct sur Facebook ce mardi 9 octobre Coralie Hublau, chargée des questions de séjour au CIRé. Face à cette réalité : « On est convaincus que si on mène au niveau local une politique plus respectueuse de l’accueil des personnes de façon générale mais ici on parle surtout de personnes d’origine étrangère, et bien ça peut faire la différence même si la plupart des pouvoirs sont détenus par d’autres niveaux », a-t-elle ajouté.

Élections Communales
© Fanny Gosset, commune d’Anderlecht

En effet, il est du ressort des communes d’informer les étrangers de façon adéquate sur leurs droits, et de les aider dans leur parcours administratif. Le CIRé suggère par exemple, la mise à disposition d’un interprétariat social. L’ASBL rappelle également que l’éducation primaire ou l’accueil de la petite enfance sont elles aussi du ressort du communal, et que les localités peuvent donc prendre des mesures afin d’y garantir l’accueil des  étrangers. Un autre pouvoir administratif communal important se trouve à l’endroit des officiers d’état civil, qui sont chargés de vérifier et d’acter mariages et naissances et qui est en droit de mener (ou non) des enquêtes sur les naissances et mariages jugés suspects. 

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Les CPAS peuvent jouent eux-aussi un rôle central pour garantir les besoins de base des étrangers résidant sur le territoire communal tels que les soins médicaux, à travers l’aide médicale urgente. Enfin, a rappelé le CIRé suite aux arrestations musclées de citoyens accueillant des migrants ce 8 octobre, la police, acteur de proximité de la commune, peut choisir de collaborer (ou non) avec la police fédérale. Elle est aussi en mesures à son niveau de proscrire – par exemple – les arrestations sur base de caractéristiques ethniques. D’autres points sont encore abordés sur le site « Je vote solidaire ». 

Communes hospitalières

Une autre illustration des pouvoirs communaux face en rapport à la migration avait été le mouvement « Communes hospitalières » lancé par le CNCD 11.11.11 cette année. 65 communes avaient signé la motion, et ainsi pris des mesures pour être plus accueillantes. En Flandre, le bourgmestre de Malines Bart Somers (Open Vld) avait en 2016 également reçu le prix du meilleur maire (bourgmestre) du monde, en grande partie pour son accueil des réfugiés et son intégration des personnes étrangères. De nombreux médias flamands ont salué durant cette campagne communale le travail du bourgmestre, parvenu à transformer une ville appauvrie, délaissée par sa classe moyenne en un centre vivant et interculturel.

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La gestion migration a en outre été un sujet régulièrement abordés lors de la campagne des candidats, principalement en Flandre, et a également été à l’origine de vives tensions entre les communes de Bruxelles ces deux dernières années.

Pour « voter solidaire » ce dimanche, le CIRé recommande de repérer dans les programmes les sections consacrées à l’accueil des étrangers, la diversité et la lutte contre les préjugés.

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