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Élections 2018 : Les états-majors sont frileux et plutôt inquiets

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Que ressortira-t-il des urnes au soir du dimanche 14 octobre ? Il y a pas mal d'incertitudes... | © BELGA PHOTO THIERRY ROGE

Politique

Une seule certitude : dimanche 14 octobre, chaque vote comptera. Raison de plus pour aller voter.

Déclaration du gouvernement à la Chambre. Lundi, à six jours de l’élection communale. Arrivé très tôt, Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB, se marre dans l’hémicycle.

Contrairement aux autres, la campagne du PTB se déroule sans accroc. Ça roule pour Raoul. Ailleurs, les mines sont plus graves. Le président du PS Elio Di Rupo discute avec Koen Geens, ministre de la Justice. Ces deux-là seront importants dans la confection des futures majorités après le scrutin fédéral de mai 2019.
Charles Michel arrive. Il est souriant, il veut se montrer comme tel. Il monte à la tribune.

Il cite Nelson Mandela : « Après avoir gravi une colline, tout ce que l’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup d’autres collines à gravir ». Le ton est donné. Etre positif. Budget assaini, création d’emplois, taux de chômage historiquement bas, sécu financée, etc. Des familles restent dans de grandes difficultés, confie le Premier ministre. La facture d’électricité qui gonfle sans cesse ? Payée par Electrabel, selon le gouvernement ? On demande à voir. Belle bagarre juridique en perspective.

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En Flandre, contrairement à la Wallonie, Theo Francken connaît des difficultés. Ses « stats » sur les régularisations sont pointées comme un élément de faiblesse. L’extrême droite se régale. Le Vlaams Belang déguste les sondages qui fonctionnent comme des vases communicants. La N-VA est prise dans le sac identitaire qu’elle a confectionné. Plus vraiment assez sévère, plus vraiment assez indépendantiste vu sa colocation au 16 rue de la Loi, plus vraiment assez flamande.

Double cauchemar

À Anvers également, les nationalistes plient mais sans rompre. Ils captent toujours un tiers des voix. Ils restent incontournables. Le CD&V se ramasse et l’Open VLD n’émerge pas. Une autre majorité est-elle possible ? Mathématiquement, elle s’imposerait de fait. Bart De Wever n’exclut pas, ou plus, de composer le collège avec Groen. Les verts flamands cartonnent. Ils tripleraient leur score pour dépasser les 20 %. Un tsunami politique.

Si tel devait être le cas, le cauchemar serait double pour Bart De Wever. D’abord, il devrait gérer « sa » ville avec un vrai partage de pouvoir… bénéficiant à une gauche pointue, voire radicale. Fini son « tout à la voiture » et une police quelque peu militarisée. Du piéton et de la proximité à la place ? Ensuite, s’il a déjà réussi à anéantir le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V), emberlificoté dans une liste peu sérieuse, la victoire pourrait tourner à l’aigre. Les liens déjà tendus avec son partenaire chrétien pourraient bien encore s’effilocher. Pour rompre au gouvernement fédéral ? Probablement pas. Mais il n’y aura plus de cadeaux. L’équipe tant décriée par Bart De Wever serait calée. Surplace, immobilité. Aucun vent nouveau.

Le fantôme de Publifin

Au sud, l’affaire Publifin a refait surface au plus mauvais moment. Les exclus de leur parti, André Gilles (ex-PS) et Dominique Drion (ex-cdH), sont revenus par la grande fenêtre après être sortis par la petite porte. À nouveau, ils ont été nommés administrateurs d’une filiale du groupe. La désignation, survenue à quelques jours d’une élection, n’est évidemment pas le fruit du hasard. En attendant, pour les partis classiques, cette piqûre de rappel intervient au plus mauvais moment.

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Ecolo, lui, s’est pris les pieds dans le tapis poussiéreux des institutions. La tête de liste à la Province de Liège, Muriel Gerkens, ne pouvait pas se présenter à ce poste vu qu’elle est députée fédérale. Distraction. Embêtant quand la bonne gouvernance est l’ADN du parti. DéFI a aussi eu son lot d’ennuis avec une candidate qualifiant à Namur une adversaire de « mongole », et un échevin schaerbeekois inculpé à titre privé pour une histoire de faillite indélicate. Il n’est plus candidat mais toujours membre du parti d’Olivier Maingain, où le conseil de déontologie doit encore se prononcer sur une éventuelle exclusion.

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À Bruxelles, le bourgmestre de Saint-Josse s’est perdu dans une diatribe contre l’écologiste Zoé Genot. Emir Kir (PS) l’a traitée de « xénophobe » parce qu’elle a lancé un appel pour bâtir une grande coalition de l’actuelle opposition. Interprétation du mayeur : « Débarrassons-nous du métèque, de l’étranger. » Pas crédible vu le parcours de la députée.

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