Paris Match Belgique

Les moments-clés de la grande interview de Donald Trump sur CBS

donald trump interview

Le président américain, le 12 octobre 2018. | © AFP / MANDEL NGAN.

Politique

Lors d’un long entretien avec la chaîne CBS, Donald Trump a évoqué (presque) tous les dossiers chauds du moments.

À trois semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis, Donald Trump était en prime time sur CBS ce dimanche 14 octobre. Il participait à l’émission « 60 minutes », très populaire aux États-Unis. Une interview qui avait été enregistrée trois jours auparavant à la Maison Blanche, deux ans après sa dernière entrevue avec la chaîne. Le président américain y est apparu confiant, incapable d’admettre le moindre regret sur ses 24 derniers mois à Washington.


Véritable opération de communication pour le chef d’État, l’interview menée par Lesley Stahl fut énergique et parfois tendue. Mais le président a tenu bon, restant le seul maître à bord. «  Je vais essayer encore une fois… OK  », dit Lesley Stahl. «  Non, ce n’est pas la peine de tenter de nouveau. Je sais quoi dire !  », lui répond Donald Trump. «  Alors, répondez à ma question !!  », lance la première. «  Je ne suis pas d’accord, mais je ne veux pas me battre avec vous  », dit encore Mme Stahl. «  Hey, ça va Lesley. En même temps, c’est moi le président et pas vous », se bat Donald Trump. «  Ça, c’est sûr  », lui répond l’intervieweuse. Tendu, on vous dit. Petit retour sur les moments forts de ce grand entretien.

Lire aussi > Melania Trump évoque les rumeurs d’infidélité de son mari

L’affaire Kavanaugh : On a gagné

Sans surprise, le magnat de l’immobilier ne s’est pas excusé pour s’être moqué du témoignage de Christine Blasey Ford durant un meeting au Mississippi. Donald Trump a ainsi estimé c’était le juge Kavanaugh, et non son accusatrice, qui avait été traité injustement … avant d’invoquer les sondages, qui d’après lui prouveraient que le peuple américain était de son avis. Avant de couper court à ce sujet, le président a d’ailleurs livré ce qui d’après était lui le point le plus essentiel de cet épisode: « Ça n’a aucune importance, puisqu’on a gagné. On gagné. D’accord ? ».

Le changement climatique : Double discours … un peu brouillon

« Je crois qu’il se passe quelque chose. Quelque chose est en train de changer et ça va changer à nouveau », marmonne le président. « Je ne pense pas que ce soit un canular. Je pense qu’il y a probablement une différence. Mais je ne sais pas si c’est fait par l’homme. Je dirai ceci : ‘Je ne veux pas donner des milliards et des milliards de dollars. Je ne veux pas perdre des millions et des millions d’emplois’. » Il poursuit : « Je ne nie pas le changement climatique. Mais ça pourrait très bien revenir en arrière. On parle de plus de  millions d’années. » En novembre 2012, il avait qualifié les changements climatiques de canular lorsqu’il avait tweeté : « Le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois afin de rendre le secteur manufacturier américain non compétitif. » Il a prétendu plus tard qu’il plaisantait, mais depuis des années il n’a cessé de qualifier le réchauffement climatique de canular.

Corée du Nord : « Je ne suis pas un bébé »

« Nous avons une bonne alchimie. » Le président a renouvelé dimanche soir sa « confiance » en Kim Jong-un, avec qui il assure avoir des « atomes crochus », pour démanteler son programme nucléaire. « On s’entend vraiment bien, a-t-il déclaré. Il y a une bonne énergie entre nous, des affinités. Regardez les horribles menaces qui ont été proférées. Il n’y a plus de menaces. Plus de menaces. » Lors d’un meeting électoral en septembre, il était allé jusqu’à affirmer que Kim et lui étaient « tombés amoureux » l’un de l’autre, saluant les « magnifiques lettres » que lui avait écrites le responsable nord-coréen. « Il dirige un royaume de répression, de goulag et de famine, d’esclavage et d’exécutions publiques et aurait fait assassiner son demi-frère, objecte la présentatrice de l’émission, Lesley Stahl. C’est cet homme que vous aimez ? » « Oui. Je suis au courant de tout ça, je ne suis pas un bébé, répond Donald Trump. Je sais tout ça. Je… M’entends bien avec lui, d’accord ? », lâche-t-il alors que la journaliste insiste. « Cette relation est, déclare-t-il finalement, ce qu’elle doit être pour que le job soit fait ».

Lire aussi > Aux États-Unis, on étudie la « Trumpaganda » à l’université

Affaire Skripal: Vladimir Poutine est « probablement » impliqué

Interrogé pour savoir s’il était « d’accord que Vladimir Poutine est impliqué dans des assassinats et des empoisonnements », Donald Trump a répondu : « Probablement, il l’est ». Pour rappel, la Russie est accusée par la Grande-Bretagne d’être derrière l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia par un puissant agent innervant le 4 mars à Salisbury, en Angleterre. Depuis la déclaration du président américain, le Kremlin a assuré ce lundi que Donald Trump n’a avancé « aucune accusation directe » contre la Russie dans le cadre de cette affaire. On a bien entendu ?

CIM Internet