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Quand Trump célèbre « une attaque contre un journaliste »

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Donald Trump, le 18 octobre 2018. | © Nicholas Kamm / AFP

Politique

Le président américain Donald Trump a fait jeudi l’éloge d’un parlementaire qui avait brutalisé un journaliste en 2017 et a parlé avec légèreté de cette agression.

Greg Gianforte, qui représente l’État du Montana à la Chambre des représentants à Washington, avait eu en 2017 un différend avec un reporter du quotidien britannique The Guardian, Ben Jacobs, et il l’avait jeté à terre. Cette agression qui avait eu un retentissement national était survenue alors que le parlementaire était candidat à une élection partielle dans le Montana, un État du nord des États-Unis. Il avait été élu mais avait été condamné à six mois de prison avec sursis et 40 heures de travaux d’intérêt public.

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Donald Trump, qui tenait jeudi un rassemblement électoral dans le Montana, a appelé à voter pour Greg Gianforte lors des élections de mi-mandat qui se tiennent en novembre. Il l’a décrit comme « un incroyable leader du Montana » et comme « l’une des personnes les plus respectées au Congrès ». « Au fait, ne luttez jamais avec lui », a lancé le président dans une allusion à l’agression contre le journaliste. « Un type qui peut faire un body slam, c’est mon genre de type », a-t-il dit. Le body slam est un mouvement de catch qui consiste à soulever un adversaire et à le jeter au sol. Le milliardaire a poursuivi en racontant que lorsqu’il avait appris l’agression, il avait initialement pensé que l’incident allait nuire aux chances de Greg Gianforte d’être élu. « Et puis je me suis dit ‘Attendez un peu, je connais bien le Montana, je crois que ça pourrait l’aider’. Et ça l’a aidé », a déclaré le président, acclamé par la foule.

Attaque contre le Premier Amendement

Le rédacteur en chef du Guardian pour les États-Unis, John Mulholland, a critiqué les propos du président américain. « Célébrer une attaque contre un journaliste qui ne faisait que son travail est une attaque contre le Premier Amendement commise par quelqu’un qui a prêté serment de le défendre », a-t-il déclaré. Le Premier Amendement de la Constitution américaine garantit la liberté de parole et la liberté de la presse.

Avec Belga

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