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Qui remplacera Angela Merkel ?

Angela Merkel

Pour certains, Merkel ne survivra pas les prochaines élections européennes. | © BELGA PHOTO / JASPER JACOBS

Politique

Quatre candidats semblent sortir du lot lorsqu’on évoque la succession d’Angela Merkel au CDU : Jens Spahn, Armin Laschet, AKK et Friedrich Merz. 

 

L’échec du CDU lors des élections en Hesse ce dimanche 28 octobre, qui a reculé de 11 points par rapport à 2013, aura été pour la chancelière allemande la déroute électorale de trop. Reconnaissant des résultats « on ne peut plus décevants », qu’elle a expliqués par la faible image renvoyée par la coalition CDU – SPD – CSU au pouvoir, elle a fait le lendemain du scrutin régional une annonce de taille. Avec le calme et la maitrise d’elle-même fidèle à son tempérament, Angela Merkel a annoncé qu’elle quitterait la présidence de son parti et que son mandat de chancelière (terminant en 2021) serait le dernier.

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La popularité en baisse de la chancelière ces dernières années explique sa décision de quitter le navire de la présidence, estimant qu’il avait désormais besoin d’un visage « jeune » et qu’elle ouvrait de son côté un « nouveau chapitre ». Angela Merkel a annoncé qu’elle ne nommerait pas son successeur au parti démocrate-chrétien. Dès lors, une guerre de succession s’annonce entre les partisans voulant maintenir le cap modéré et ceux qui ambitionnent plus de conservatisme.  Deux candidats pour la remplacer se sont déclarés dès lundi : la secrétaire générale du parti, Annegret Kramp-Karrenbauer et le ministre de la Santé, Jens Spahn. Friedrich Merz les a rejoints officiellement dans la course mardi.

« La dauphine, le frondeur, le compromis »

CDU
Jens Spahn, Armin Laschet, AKK lors de la conférence de presse annonçant le départ de Merkel © Odd ANDERSEN and John MACDOUGALL / AFP

Interrogée par France Inter, Hélène Miard-Delacroix, professeure à la Sorbonne, a estimé que la manoeuvre de Merkel était une « bonne tactique » qui évitera la dégringolade du CDU de la grande coalition et l’organisation d’élections fédérales anticipées qui « signeraient son enterrement politique ». Mais qui pourra prendre les rênes du parti ? Quatre candidats semblent sortir du lot lorsqu’on évoque la succession d’Angela Merkel, appelés par le Huffington Post « la dauphine (i), le frondeur (ii), le revanchard (iii) et le compromis (iv) ».

La « dauphine » Annegret Kramp-Karrenbauer (ou AKK, droite sur la photo), 56 ans, partage la ligne centriste de la chancelière et a été nommée secrétaire générale du parti en décembre. Elle est surnommée la « Merkel de la Sarre », sa région d’origine. Fervente catholique, elle se positionne un peu plus à droite qu’Angela Merkel, avec des idées nettement plus conservatrices sur des sujets comme l’avortement et le mariage pour tous. Elle avait également critiqué la décision d’accueillir des centaines de milliers de demandeurs d’asile sur le territoire allemand.

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Les trois autres concurrents pressentis aujourd’hui sont des hommes. « Le frondeur » est l’actuel ministre de la santé Jens Spahn, 38 ans (milieu sur la photo) que l’on pourrait catégoriser d’anti-Merkel. Se positionnant dans la lignée idéologique du chancelier autrichien Sebastian Kurz (qui gouverne avec l’extrême droite), il a régulièrement critiqué Merkel, qu’il accuse d’avoir rendu le CDU « social démocrate ». Il réclame un virage conservateur sur les questions identitaires et la migration et s’est souvent montré très proche de l’ambassadeur américain, un proche de Donald Trump. Le « compromis » se trouve alors en la personne d’Armin Laschet (gauche sur la photo). Loyal à la chancelière, il se montre fondamentalement contre un virage à droite du parti.

« Le revanchard »

CDU
Friedrich Merz © Jens Büttner / dpa / AFP

En 2002, Angela Merkel a écarté Friedrich Merz de ses fonctions de chef des députés conservateurs au Bundestag. Exerçant depuis dans le privé, il a régulièrement pris des positions politiques. Néolibéral, il a régulièrement critiqué la chancelière pour ses positions « trop à gauche ».

Le retrait d’Angela Merkel de la politique active – elle a affirmé ne nourrir aucune ambition européenne – soulève de nombreuses questions qui vont (bien) au delà de la présidence du CDU. Merkel perdra-t-elle son influence dans le monde ? Quelles seront les conséquences pour l’Union européenne ? L’Allemagne se verra-t-elle affaiblie sur le plan international ? La chancelière se veut rassurante sur ces questions. Mais pour beaucoup, Merkel ne survivra pas les prochaines élections européennes. À suivre…

 

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