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Élections de mi-mandat : Face à Donald Trump, un record de diversité

Ayanna Pressley

Parviendront-ils à convaincre l’Amérique de Donald Trump, profondément divisée sur les thèmes du genre et de l’immigration ? | © Joseph PREZIOSO / AFP

Politique

Deux ans après son élection, premier test électoral pour Donald Trump. Et les nombreuses déclarations et politiques controversées sur la race, l’immigration et le genre de ce dernier semblent être à l’origine d’un phénomène intéressant : un nombre record de femmes et de minorités se sont présentées comme candidat(e)s. 

 

D’après le New York Times, sur les 972 candidats cette année, 272 sont des femmes – pour la plupart, dans le camp démocrate – 216 sont des gens de couleur et 26 sont ouvertement L.G.B.T.Q. Ce qui fait un total de 411 candidates, personnes de couleur et LGBT+ au Sénat et/ou à la Chambre des représentants. Le pourcentage de candidats « hommes blancs » est avec 58 % le plus bas de ces quatre dernières élections. Et les choix de campagne de ces candidat(e)s sont eux-aussi intéressants : ils « flinguent » les républicains, et tirent leur épingle du jeu en faisant des « faiblesses politiques » – comme être une ancienne réfugiée, une mère – leur force.

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Les républicains « Flingués »

Ainsi, la candidate démocrate au Congrès du Kansas Sharice Davids, lesbienne, a déclaré dans une campagne vidéo où elle met en avant ses capacités de combattante MMA « j’ai dû me battre toute ma vie à cause de qui je suis, de ce que j’aime et où j’ai commencé ». Ajoutant que : « On est en 2018 et les femmes, les autochtones, les gays, les personnes sans emploi doivent se battre juste pour survivre. Et ce qui est clair, c’est que Trump et les républicains à Washington s’en fichent. Des personnes comme moi ou de tous ceux qui ne pensent pas comme eux ».  Ayanna Pressley (sur la photo), une démocrate noire du Massachusetts, a mis au centre de sa campagne ses combats d’identité : « Je suis la survivante d’une décennie d’abus sexuel dans mon enfance. J’ai été victime d’agression sexuelle sur le campus ». Elle est maintenant sur le point de devenir la première femme noire à représenter le Massachusetts au Congrès après avoir battu le président sortant démocrate, Michael Capuano, qui avait dix mandats à son actif.

Mi-mandat américaines
Ilhan Omar  ©  Kerem Yucel / AFP
Ilhan Omar (photo ci-dessus), une démocrate largement favorite pour le Congrès du Minnesota, a déclaré que : « Ce pays affirme avoir été fondé sur des valeurs fondamentales telles que la justice, la liberté et la recherche du bonheur, mais ces convictions fondamentales sont menacées ». Elle a également mis sa fille en avant tout au long de la campagne. Si elle est élue, elle sera la première musulmane à entrer au Congrès américain. Dans l’État particulièrement conservateur du Texas, Gina Ortiz Jones – Vétéran de l’armée, d’origine philippine et lesbienne prône une « réforme responsable de l’immigration » face au système répressif de l’administration Trump : « Gina n’oubliera jamais que ce bâti a été bâti par des immigrants et que l’immigration renforce notre économie et contribue à notre sécurité nationale », peut-on lire sur son site internet.
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De nombreux candidats ont donc fait le pari de mettre en avant leurs différences, également dans le camp républicain. Et ils pourraient marquer l’Histoire : On pourrait ainsi voir (entre autres) la première femme noire gouverneure d’un État, la première femme sénateur du Tennessee et le premier homme de la nation ouvertement homosexuel gouverneur. Parviendront-ils à convaincre l’Amérique de Donald Trump, profondément divisée sur les thèmes du genre et de l’immigration ? Verdict mardi.

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