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« Votez pour nos vies » : L’impact de la fusillade de Parkland sur les élections américaines

Emma Gonzalez

Emma Gonzalez (milieu), ancienne étudiante du lycée de Parkland, est l'une des figures du mouvement "March for our Lives" | © TIMOTHY A. CLARY / AFP

Politique

Le mouvement « marchez pour nos vies », initié par les survivants de la tuerie du lycée de Parkland, pourrait être à l’origine d’une augmentation du taux de participation des jeunes – généralement faible – aux élections de mi-mandat américaines. Alors que la National Rifle Agency a diminué ses investissements pour la campagne, l’effet pourrait être conséquent. 

 

Pendant des mois, les survivants de la fusillade de Parkland ont traversé les districts avec un message :« votez pour nos vies », slogan revisité du mouvement « marchez pour nos vies » en vue des élections. Leur message : changez le Congrès, trop laxiste par rapport aux armes à feu. Les militants affirment que si plus de jeunes se rendent aux urnes, il sera possible de vider le Sénat et la Chambre des représentants des élus républicains qui refusent depuis plus de 25 ans de renforcer les lois sur les armes à feu, malgré l’augmentation inquiétante du nombre de fusillades sur le territoire américain (près d’une par jour en 2018 !).

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« Ce n’est que le début »

En février dernier, la fusillade du lycée Marjory Stoneman Douglas, dans la ville Parkland, avait fait 17 victimes parmi les élèves et responsables de l’établissement. Le drame avait provoqué un vif émoi dans tout le pays, et les survivants avaient été à l’origine d’un véritable mouvement national contre les armes à feu. En avril, plus de 2 000 marches avaient été organisées aux États-Unis. Aujourd’hui, les survivants veulent aller plus loin. Ce mardi 6 novembre, plus de 500 écoles prendront part au mouvement « sortez pour voter ». Leur message : « En avril, nous avons organisé plus de 2 000 marches à travers la nation pour protester contre l’inaction sur la violence armée. Demain, nous prouvons que nous ne faisons que commencer », peut-on lire sur leur compte Instagram.

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Parkland
© Andrew CABALLERO-REYNOLDS / AFP

En 2014, moins de 20% des jeunes s’étaient rendus aux urnes

« Demain, si vous n’avez pas déjà voté, c’est votre chance d’être un héros pour vous-même et pour tous ceux que vous aimez », a déclaré Emma Gonzalez, une élève de Parkland devenue à 18 ans une véritable icône du mouvement « marchez pour nos vies »,  lors d’une  conférence de presse dans la capitale de la Floride ce lundi 5 novembre. Ajoutant : « La violence armée commence par le bulletin de vote. Nos vies sont entre les mains des personnes que nous élisons. Votez à chaque élection comme si c’était la dernière, car elle pourrait bien l’être ».

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Le message est important. En général, les élections de mi-mandat convainquent très peu de jeunes d’aller voter. En 2014, à peine 19,9% des électeurs âgés de 18 à 29 ans s’étaient rendus aux urnes, selon les estimations de Circle, un centre universitaire américain qui étudie l’engagement civique des jeunes. Or, cela pourrait changer : « Nous entrevoyons de nombreux signes indiquant qu’il s’agit d’une élection de mi-mandat très différente en ce qui concerne la participation des jeunes », a déclaré Abby Kiesa, directrice d’Impact chez Circle, interrogée par The Guardian. Parmi ces signes : un taux plus élevé d’inscriptions des jeunes, un nombre plus important de votes anticipés chez les jeunes et une enquête révélant l’intention de près de 35% des 18-24 ans d’aller voter. De plus, la National Rifle Association a drastiquement diminué ses dépenses dans la campagne pour le Congrès comparé à 2014 (10 millions de $, contre 25 millions il y a quatre ans). Le changement, c’est demain ?

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