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Le coup de gueule de Theo Francken contre Saint-Nicolas (et la laïcisation des fêtes)

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Theo Francken en septembre 2018. | © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Politique

Sur Twitter, le secrétaire d’État à l’Asile et et la Migration a critiqué le visuel utilisé par la ville de Gand pour annoncer l’arrivée de Saint-Nicolas. 

Theo Francken n’a jamais sa langue dans sa poche. Depuis quelques jours, la ville de Gand fait la promotion de la venue du patron des écoliers le 18 novembre prochain à la halle municipale située à deux pas de l’église Saint-Nicolas, rapportent nos confrères de La Libre. Si cette annonce a dû ravir de nombreux enfants, elle n’est pas au goût du secrétaire d’État à l’Asile et la Migration. En cause, le visuel choisi par la ville pour l’événement.

On peut y voir le Grand Saint, sur un tandem, avec sa traditionnelle mitre vissée sur la tête, mais sans croix. À ses côtés se trouve un Père fouettard blanc, avec une tache noire, de la suie, sur le visage. « Dans la ville gauchiste de Gand : pas de croix sur la mitre du Saint, un ‘Père blanc’ avec une tache et non pas un cheval mais un tandem », s’est empressé de critiquer le célèbre visage de la N-VA sur son compte Twitter, avant de fustiger la majorité Sp.a/Groen de vouloir « faire dans le politiquement correct ». 

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Zwarte (of blanke) Piet ?

Le débat autour de la représentation du Père Fouettard n’est pas nouveau. Longtemps peint en noir, coiffé d’une perruque afro et représenté avec de grosses lèvres rouges, ce personnage mythique du folklore de la Saint-Nicolas est depuis plusieurs années qualifié de caricature raciste et discriminatoire. Une vision loin d’être partagée par les partisans du personnage qui rejettent toute accusation de racisme et qui voient une attaque contre leur culture et leur tradition.

Aux Pays-Bas, un pays fier de son ouverture d’esprit, « Zwarte Piet » est un sujet brûlant. Ancrée dans une rhétorique coloniale, cete tradition est offensante pour de nombreux groupes de militants comme « Zwarte Piet c’est du racisme » ou « Kick Out Zwarte Piet » (KOZP). C’est pourquoi à Amsterdam et La Haye, selon Euronews, le « Zwart Piet » a laissé place au « Chimney Piet » (Pierre Cheminée), pour renforcer l’idée que sa noirceur provient de la suie de cheminée.

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Saint-Nicolas n’est pas « une dispute politique »

Dans un autre tweet, Theo Francken estime que « sous un angle culturel-marxiste et anticatholique, toutes nos traditions doivent être détruites », avant d’appeler à laisser « notre Saint-Nicolas » tranquille. Avec cette déclaration, le secrétaire d’État semble viser la laïcisation des fêtes de fin d’années et de ses événements publics, comme le marché de Noël de Bruxelles devenu les « Plaisirs d’hiver ». À Gand aussi, l’événement s’intitule désormais les « Gentse Winterfeesten ».

Du côté des autorités gantoises, le choix de cette illustration n’est pas sujet à débat. Il y a deux ans, la ville de Gand a décidé de remplacer « Zwarte Piet » par « Roet Piet », un Père Fouettard blanc noirci par la suie. « Nous ne participerons pas aux surenchères politiques autour de cette affiche », a déclaré Annelies Storms (sp.a), responsable de la Culture et du Tourisme à Gand, selon Het Laatste Nieuws. « En 2015, nous avons déjà suivi les directives de Ketnet pour l’utilisation de ‘Roet Piet’ au lieu de ‘Zwart Piet’. Il n’y a jamais eu de commentaire à ce sujet. Il n’y a pas d’agitation à ce sujet dans le conseil municipal ou au-delà. L’arrivée de Saint doit être une fête pour les enfants et non une dispute politique ».

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