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Donald Trump accuse (à nouveau) sans preuve les démocrates de fraude électorale

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Donald Trump à Suresnes, le 11 novembre 2018. | © Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Politique

Dans une nouvelle série de tweets, le président américain a de nouveau accusé, sans preuve, les démocrates de fraude électorale.

Dans certains districts électoraux, les résultats des élections de mi-mandat ne sont pas encore définitifs. Ce retard, qui n’est pas inhabituel aux États-Unis, a le don d’agacer passablement Donald Trump. Il a de nouveau évoqué le sujet lundi, à son retour de Paris : « L’Élection en Floride doit être attribuée à Rick Scott et Ron DeSantis car de nombreux nouveaux bulletins sont venus de nulle part, et de nombreux bulletins sont manquants ou ont été trafiqués. Une élection honnête n’est plus possible, les bulletins ont été massivement contaminés. Cela doit se décider le Soir de l’Élection ! »

Les deux candidats évoqués sont, évidemment, des républicains. Rick Scott, candidat au Sénat, et Ron DeSantis, candidat au poste de gouverneur, ont tous deux une courte avance sur leurs adversaires démocrates Bill Nelson et Andrew Gillum, mais les votes sont tellement serrés qu’ils ont permis le recompte des bulletins à la main dans quatre districts. Un procédé qui, selon le président américain et d’autres responsables républicains, permettrait aux démocrates de falsifier les résultats dans cet Etat où, il y a 18 ans, un recomptage des voix avait permis l’élection de justesse de George W. Bush, avec 537 voix d’avance. « Le sénateur Nelson essaye clairement de frauder pour remporter ce scrutin », a déclaré Rick Scott sur Fox News, assurant que « 93 000 bulletins » avaient été « trouvés » après la fin du scrutin et qualifiant son adversaire de « mauvais perdant ». « Nous avons gagné », a-t-il martelé. Le résultat est crucial, surtout pour l’élection sénatoriale : avec l’écart que prend Kyrsten Sinema dans l’Arizona, à l’issue d’un scrutin très serré, le gain de trois sièges par les républicains pourrait se réduire.

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« Ils essaient de VOLER deux grosses élections ! »

Vendredi, avant de s’envoler pour la France, Donald avait déjà fait part de sa colère sur Twitter et devant les journalistes : « Ils essaient de VOLER deux grosses élections en Floride ! Nous surveillons de près ! », avait-il écrit.

Mais ce n’est pas la première fois que Donald Trump crie à la fraude électorale sans apporter la moindre preuve. Après son élection, il avait assuré que les près de 3 millions de voix de retard qu’il accusait dans le vote populaire n’étaient dus qu’au vote de « millions d’électeurs illégaux ». Seulement, il n’avait apporté aucune preuve et même ses avocats avaient assuré qu’il n’y en avait pas. Seule l’équipe de campagne du président avait cité, à la fin de l’année, une étude qui remontait à 2012 et avait eu pour conclusion qu’il fallait mettre à jour les fichiers. « Nous avons trouvé des millions de dossiers incorrects car les gens ont déménagé ou sont décédés, mais n’avions trouvé aucune preuve qu’une fraude électorale en avait résulté », avait rappelé dès novembre David Becker, auteur de ce rapport du Pew Charitable Trusts. En mai suivant, il avait signé un décret présidentiel demandant la tenue d’une enquête sur cette « fraude électorale ».

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