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Affaire Publifin : Stéphane Moreau confirme une rémunération annuelle de 900 000 euros

Stéphane Moreau, face à la commission, le 10 mars 2017. | © BELGA/BRUNO FAHY

Politique

Stéphane Moreau a confirmé ce vendredi 10 mars devant la commission Publifin du parlement wallon avoir touché 900 000 euros de rémunérations (montant brut) en 2015, un montant qu’il juge comparable à ce qui se pratique dans le secteur.

 

« La partie fixe de la rémunération est de quelque 593 000 euros, mais la partie variable – en fonction de l’atteinte de certains objectifs fixés – permet d’arriver au montant évalué par un benchmarking du consultant Hay, soit 246 000 euros hors charge en 2015, le maximum. Avec une autre rémunération de 40 000 euros chez EDF Luminus, on atteint les 900 000 euros », a reconnu aujourd’hui Stéphane Moreau, face à la commission.

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Avec sa rémunération de bourgmestre, Moreau approcherait donc le million d’euros par an. Il fait observer que ces montants sont équivalents à ce qui se pratique chez EDF Luminus, la Sonaca ou la FN. Au comité de direction de Belgacom, le montant moyen est de 1,1 million d’euros, selon Stéphane Moreau. Pour le directeur de Voo, on atteint 750 000 euros, et 600 000 euros pour le CFO de Nethys ainsi que le responsable de la branche assurance. Le secrétaire général de Nethys touche 300 000 euros.

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Stéphane Moreau pointe les fédérations PS, MR et cdH, mais disculpe Ecolo

Stéphane Moreau (PS), qui a quitté la direction de Publifin en juin 2012, refuse cependant d’endosser une quelconque responsabilité dans les dysfonctionnements de ces organes consultatifs qui, depuis juin 2013, ont permis à une vingtaine de mandataires locaux de toucher d’importantes rémunérations fixes sans obligation de prester. Il assure n’avoir jamais été alerté de ces dysfonctionnements. À ses yeux, Publifin n’est pas la coquille vide que dépeignent les députés. C’est « là où l’on détermine les grands axes ». Stéphane Moreau répond avec assurance, mais n’évite pas la contradiction, lorsqu’il affirme que les décisions les plus sensibles se prennent au bureau exécutif, mais que le feu vert est donné par les fédérations des partis politiques. « Ce sont des outils issus de la démocratie », justifie-t-il. Concernant les comités de secteur, « dire que j’étais le concepteur de ça, non. En 2006 (lors de la création d’un premier et furtif comité de secteur, ndlr), je tenais la plume (en tant que secrétaire, ndlr). Je ne suis pas le père du système. C’est une décision encore une fois des fédérations politiques, PS, MR, cdH. Parce que depuis que Daras (ancien ministre wallon de l’Énergie, Liégeois par ailleurs, ndlr) n’est plus là, il n’y a plus d’interlocuteur patenté d’Ecolo ».

Je suis un garçon prudent.

Avant lui, André Gilles (PS), Georges Pire (MR) et Dominique Drion (cdH) avaient chacun impliqué Ecolo dans les décisions de création et de rémunération des comités de secteur. Stéphane Moreau explique la création des comités de secteur par la « volonté positive de permettre à de plus nombreux mandataires d’appréhender des matières importantes, dont l’exécution industrielle ne se faisait plus au sein de l’intercommunale ». Quant à la manière dont ces comités ont fonctionné, « est-ce que le management de Nethys m’a alerté de dysfonctionnements, non ». « Mais je n’y aurais rien eu à dire. Nous sommes des prestataires », a-t-il répondu. Le bourgmestre d’Ans assure avoir toujours pris soin de limiter son action politique aux frontières de la commune d’Ans. « Dans le cadre de mes fonctions économiques, je dois être neutre, ce que j’ai toujours été. J’ai ainsi toujours entretenu des relations cordiales avec l’ensemble des décideurs politiques avec qui j’ai eu affaire ». Pour les grands projets économiques, « tous les contacts étaient toujours pris avec tous les grands décideurs politiques liégeois représentants de l’actionnariat, car je suis un garçon prudent ».

 

(Avec Belga)

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