Paris Match Belgique

Droits de l’homme : situation alarmante au Congo-Brazzaville

Les droits de l'homme sont systématiquement bafoués au Congo-Brazzaville | © Belga

Politique

Publié en début de semaine, le rapport du département d’Etat américain sur l’état des droits de l’homme au Congo-Brazzaville dévoile une situation alarmante. En 2016, la quasi-totalité des droits fondamentaux ont été violés en République du Congo. En ligne de mire du rapport : les agents de l’Etat, désignés comme les principaux responsables.

Disparitions forcées, torture, viol : le rapport, diffusé par RFI Afrique, se lit comme une longue liste d’atteintes possibles aux droits de l’homme. Et rien n’a malheureusement été oublié : ainsi, les autorités de la région du Pool, où l’on dénombre près de 13 000 déplacés, ont délibérément restreint l’aide humanitaire ainsi que l’accès aux observateurs et aux journalistes.

La liberté d’informer menacée

En 2015 déjà, l’ONG Reporters sans frontières tirait la sonnette d’alarme, dénonçant une détérioration de la liberté d’expression et des pressions politiques exercées sur les journalistes congolais. Saisies de matériel, menaces ou arrestations arbitraires : l’ONG et son antenne congolaise, Journalistes en danger, avant appelé les autorités à faire cesser ces atteintes à la liberté d’informer. Sans succès.

Prisonniers politiques

Si le gouvernement nie l’existence de prisonniers politiques, RFI Afrique rappelle que les ONG, elles, en comptent plus d’une centaine. Parmi lesquels deux candidats à l’élection présidentielle de l’an dernier. La présidentielle s’était soldée par la réélection du président sortant, Denis Sassou-Nguesso, élu au premier tour avec 60% des voix. Une élection contestée par l’opposition.

Lire aussi : La liberté de presse en péril au Congo-Brazzaville

 

Le rapport accable les autorités locales – Belga

Disparitions forcées

Le rapport du département d’état souligne que de nombreux détenus le sont en violation du code de procédure pénale, dans des prisons surpeuplées, où les maladies infectieuses font des ravages. Quand il n’y a pas tout bonnement lieu à des disparitions forcées, parfois même d’enfants. Des disparitions pour lesquelles le rapport tient les autorités responsables dans la majorité des cas.

Persistance des violations

En décembre dernier, lors de la Journée internationale des droits de l’homme, Trésor Nzila, le directeur exécutif de l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme, avait dénoncé la situation au micro de RFI.
« Cette année 2016 a été marquée par de graves violations des droits humains, qui sont liées à la crise post-électorale, mais aussi des violations graves qui ne sont pas liées à cette question. Nous constatons que des milliers de Congolais restent privés de l’essentiel. Qu’il s’agisse des droits civils et politiques, ou des droits économiques et socio-culturels, le triste constat, c’est la persistance des violations des droits humains au Congo-Brazzaville« .

CIM Internet