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Face à la détresse des migrants, le bonheur familial d’Ivanka Trump passe mal

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Ivanka Trump, à la Maison Blanche le 20 novembre 2018. | © Jim WATSON / AFP

Politique

En publiant une photo de son fils en train de pêcher, la fille et conseillère du président américain Ivanka Trump a été la cible de nombreuses critiques, alors que les gardes- frontières envoyés par son père ont fait usage de gaz lacrymogène contre des enfants.

Alors que le Washington Post dévoilait le 19 novembre dernier l’utilisation de son e-mail personnel pour communiquer sur des affaires gouvernementales, contrevenant aux règles fédérales américaines, Ivanka Trump se retrouve au coeur d’une nouvelle polémique, qu’elle n’a pu voir venir. Et pour cause, l’objet des critiques est une simple image de son fils Joseph Frederick Kushner, âgé de 5 ans, tout souriant lors d’une journée de pêche. Publié sur Twitter le 23 novembre dernier, le cliché a rapidement provoqué la colère des opposants de l’administration Trump, alors que les forces de l’ordre américaines ont repoussé les migrants et les demandeurs d’asile, dont des enfants, à coup de gaz lacrymogène dimanche dernier.

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De nombreux internautes ont rapidement pointé du doigt le contraste entre le sourire du petit-fils de Donald Trump et les photos virales d’enfants en pleurs, souvent sans chaussures et en couches, qui évitaient le gaz lacrymogène lancé par les gardes-frontières américains entre la ville mexicaine de Tijuana et la ville américaine de San Diego. « Votre père a lancé du gaz lacrymogène sur des enfants qui ont l’âge de votre fils aujourd’hui », a écrit l’un d’entre eux. « Vous pourriez éviter un pourcentage élevé de commentaires négatifs si vous montriez seulement que vous avez une conscience ou un sens de la moralité, et que vous parlez à votre père de la rhétorique haineuse et conflictuelle qu’il tweete quotidiennement. Votre silence montre seulement que vous êtes complice », a lancé un autre.

D’autres ont préféré prendre la défense de la fille et conseillère du président américain, insistant sur le fait qu’il s’agissait d’un doux moment familial et qu’il n’était pas nécessaire de tout politiser.

« On pensait qu’ils allaient nous tirer dessus »

Désespérés, quelque 500 migrants ont tenté en vain dimanche de franchir illégalement la frontière américaine à Tijuana, dans le nord-ouest du Mexique, repoussés par les forces de l’ordre américaines qui ont brièvement fermé à la frontière à San Diego en Californie. Ces Centraméricains, parmi lesquels des femmes et des enfants, qui participaient à une manifestation pacifique aux abords de la frontière, se sont dirigés vers la barrière métallique de délimitation et ont tenté d’entrer en force aux États-Unis. « On est prêt s’il le faut à mourir pour essayer de passer », a confié à l’AFP Mario Lopez, un Hondurien, tout en aidant sa fille de trois ans, qui avait perdu ses sandales dans la bousculade, à ramper sous la barrière métallique.

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Après avoir franchi ce premier obstacle, les migrants ont reçu des gaz lacrymogènes lancés par les forces de l’ordre américaines qui les ont obligés à rebrousser chemin alors que des hélicoptères les survolaient à basse altitude. Après leur échec, ces migrants sont revenus au refuge, leurs vêtements parfois déchirés ou couverts de terre, a constaté l’AFP, certains encore effrayés par la réaction des forces de l’ordre américaines et craignant d’être arrêtés par la police mexicaine. « Quand ils nous ont lancé les gaz lacrymogènes, nous avons eu très peur, on pensait qu’ils allaient nous tirer dessus alors nous nous sommes éloignés » a raconté Flor Jimenez, une Hondurienne de 32 ans, après l’incident.

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