Paris Match Belgique

La NV-A quitte le gouvernement, Charles Michel ira à Marrakech comme chef d’une coalition orange bleue

Charles Michel a constaté qu'il n'y a pas de consensus pour remettre en cause la décision de soutien au Pacte migratoire. | © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Politique

Le Premier ministre, Charles Michel, se rendra à la conférence des Nations-Unies au Maroc sur le Pacte migratoire, a-t-il annoncé à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire ce samedi. La N-VA se sentira alors « congédiée du gouvernement » selon les propres termes de Bart De Wever.

 

Le Premier ministre, Charles Michel, a pris acte samedi du départ de la N-VA de la coalition suédoise, a-t-il annoncé dans une déclaration faite à la presse à la suite du conseil des ministres extraordinaire. « Nous prenons acte ce soir que la N-VA quitte la majorité suédoise et je veux remercier les ministres et secrétaires d’Etat N-VA pour tout le gigantesque travail qui a été mené durant ces 4 années dans l’intérêt général de la Belgique », a déclaré M. Michel.

Le Premier ministre proposera que deux secrétaires d’Etat remplacent les trois ministres N-VA « afin de garantir la continuité et le bon fonctionnement de nos institutions et la stabilité ».

En d’autres termes, les deux secrétaires d’Etat restants -Philippe De Backer (Open Vld) et Pieter De Crem (CD&V)- devraient devenir ministres et le Premier ministre être considéré comme « asexué » linguistique de manière à respecter la règle de la parité au sein du conseil des ministres.
M. Michel a confirmé qu’il s’envolerait dimanche pour Marrakech « comme chef d’une coalition responsable orange bleue ».

Charles Michel a constaté une nouvelle fois qu’il n’y avait pas de consensus pour remettre en cause la décision de soutien au Pacte prise en septembre. A la suite la demande de la N-VA de remettre en cause la décision de septembre qui exprime le soutien au Pacte pour des migrations ordonnées, sûres et régulières, un conseil des ministres a donc été convoqué samedi soir.

La NV-A totalement esseulée sur ce dossier au gouvernement fédéral

Le Premier ministre a réitéré sa proposition de soutien au Pacte avec une explication de vote concertée avec d’autres pays européens, a-t-il expliqué. Charles Michel a constaté qu’il n’y a pas de consensus pour remettre en cause la décision de soutien au Pacte. Il représentera donc le gouvernement à la Conférence des Nations-Unies au Maroc.

Au cours de ce conseil des ministres, M. Michel et le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders ont expliqué les procédures qui ont été suivies dans le cadre du Pacte et les instructions qui ont été données par la suite. La question a alors été posée de savoir qui soutenait la décision prise en septembre et qui était contre.

Lire aussi > Le gouffre entre politiques et citoyens se creuse

« Nous avons constaté que trois partis étaient d’accord pour approuver la décision. La N-VA a dit non », a expliqué le vice-premier ministre CD&V, Kris Peeters.
Le dossier est venu pour la première fois samedi sur la table du conseil des ministres, a pour sa part souligné Bart De Wever, et la N-VA a souhaité formellement faire constater son désaccord. Les autres partis ont estimé que l’assentiment au pacte n’était plus nécessaire, ce qui a amené une vaine discussion juridique. En réalité, le débat est « politique », juge M. De Wever, répétant qu’il n’existe pas de consensus au sein du gouvernement sur le pacte migratoire.

La N-VA dans le gouvernement pour quelques heures encore…

BELGA PHOTO THIERRY ROGE

Si Charles Michel persiste à vouloir partir demain/dimanche pour approuver le pacte migratoire, « il atterrira en étant le Premier ministre de la coalition de Marrakech », a indiqué samedi le président de la N-VA Bart De Wever. La N-VA se sentira alors « congédiée du gouvernement », a-t-il ajouté, refusant toutefois de parler d’une démission des ministres nationalistes.

Mais il n’y aurait plus alors de consensus sur aucun des dossiers du gouvernement, y compris les dossiers socio-économiques, a-t-il précisé. A la majorité parlementaire, M. De Wever a opposé la majorité du peuple, opposée selon lui au pacte migratoire.

Au final, la suédoise se conclut comme elle avait débuté: les enjeux identitaires ont repris le dessus. En 2014, la N-VA était gonflée par l’apport de recrues et d’électeurs venus du Vlaams Belang. Les élections communales de 2018 ont montré une N-VA perdant des plumes au profit du parti d’extrême droite. S’en est suivie une radicalisation fatale à Michel I.

CIM Internet