Voici pourquoi la N-VA rejette en bloc le pacte migratoire

Voici pourquoi la N-VA rejette en bloc le pacte migratoire

En bombant le torse sur ce dossier, la N-VA en devient le porte-drapeau par la même occasion. | © BELGA PHOTO THIERRY ROGE

Politique

Ce n’est un secret pour personne, la parti nationaliste flamand a claqué la porte du gouvernement suite à la décision de Charles Michel d’aller à Marrakech pour y confirmer l’engagement de la Belgique à soutenir le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

 

Par L.Dp

Le week-end a été chaud au niveau de la politique belge. L’un des quatre partis formant la coalition suédoise a fait tomber le gouvernement Michel 1. C’est le parti de Bart De Wever, Theo Francken et Jan Jambon. On le sait, ils sont opposés au pacte migratoire car ils estiment que cela va apporter le chaos en Europe. Des arguments et une ligne politique partagés avec d’autres partis, d’extrême-droite notamment, ailleurs en Europe.

Pour rappel, neuf pays se sont retirés du processus après avoir approuvé le texte le 13 juillet dernier à New York – Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie.

Une philosphie incompatible

Le texte du pacte migratoire à beau être non-contraignant, la majorité belge s’est déchirée dessus pendant de longues semaines jusqu’à l’issue du week-end dernier. C’est surtout la philosophie qui entoure le pacte qui est ‘inbuvable’ pour la N-VA.

Le texte explique que la migration peut être positive à certaines conditions. Les nationalistes flamands veulent une régulation stricte de la migration, lutter contre tout communautarisme et imposer une intégration exigeante aux primo arrivants. Leur ligne est donc de facto dure lorsqu’on aborde avec eux toutes les questions migratoires. Cela entre en télescopage complet avec l’aspect positif d’une arrivée d’étrangers dans le pays…

Le pacte considère en outre que le regroupement familial est une des premières voies de migration légale. Une norme sur laquelle l’équipe de Bart s’étrangle tout bonnement… C’est à l’opposé de leur conception de la migration, « niet aanvaardbaar« . Selon les propres termes de Francken, cette voie migratoire est « une porte ouverte vers l’Union européenne qui pourrait entraîner certaines formes d’abus… »

Un triple ADN: socio-économique, sécurité, identité

Finalement, les observateurs politiques constatent que la N-VA a peut-être oublié ses doux rêves d’indépendance totale de la Flandre. Pour se recentrer sur l’identitaire. Bien plus porteur électoralement de nos jours ? La réponse sera donnée par l’électeurs dans quelques mois.

Ce dimanche, dans son fief de Lubbeek, Theo Francken se montrait on ne peut plus clair. « L’impact de l’immigration sur notre manière de vivre en Flandre, c’est l’ADN de notre parti politique et de mon engagement ». Dans les mois à venir, les campagnes de communication de la N-VA risquent de se durcir un peu plus et de susciter à nouveau une floppée de nausées. Une chose est certaine, ne vient pas qui veut en Flandre, pas à n’importe quelle condition et avec une obligation de s’intégrer rapidement et totalement.

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2019 dans le viseur

La N-VA n’est clairement pas très à l’aise avec le bulletin reçu après les communales d’octobre dernier. Le grand rendez-vous électoral de mai prochain où trois niveaux de pouvoir seront engagés s’annonce serré. Il fallait agir, la N-VA l’a fait.

En bombant le torse sur ce dossier, elle en devient le porte-drapeau par la même occasion. C’est elle qui a préféré ses ‘grands’ principes au pouvoir. Ils disent en l’occurrence « nous avions cinq ministres, nous les avons fait démissionner… »

La N-VA est désormais le visage du combat contre le pacte. Un combat qui trouverait largement écho dans la société selon De Wever. Le parti se met en ‘rupture’ des autres partis de la majorité et de l’opposition, Vlaamse Belang excepté, sur ce dossier du pacte migratoire.

La peur, l’ignorance, un peu de fake news, la tentation du rejet pourraient rallier une certaine frange des électeurs à la N-VA. C’est sans doute le pari du parti…

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