Crise politique : Qui veut des élections anticipées ?

Crise politique : Qui veut des élections anticipées ?

N-VA

Seule la N-VA souhaite renvoyer les électeurs aux urnes. | © BELGA PHOTO KRISTOF VAN ACCOM

Politique

Après avoir annoncé mardi soir qu’il tenait en suspens sa décision sur la démission du gouvernement fédéral, le roi Philippe doit consulter les présidents de parti ce mercredi 19 décembre. Il a entamé ses consultations politiques à 10h15, avec le président du cdH Benoît Lutgen. 

 

Si le Roi accepte la démission de Charles Michel, le gouvernement entre en affaires courantes et  la possibilité d’élections anticipées s’ouvre. Le Roi ne peut en revanche décider de cette deuxième option que si une majorité au Parlement vote aussi cette dissolution de la Chambre, a expliqué mardi soir le politologue Dave Sinardet au micro de Bel RTL. Mais est-ce qu’une majorité veut vraiement aller vers des élections anticipées? « La fuite en avant vers d’élections fédérales anticipées, dans 40 jours, représenterait la certitude absolue d’un immobilisme durant toute l’année 2019 », avertissait Charles Michel mardi soir, alors que les élections régionales et européennes se dérouleront en mai 2019. Quelles sont les positions des différents partis ?

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« Orange bleue » : pas pour des élections anticipées

Le CD&V et l’Open VLD ont déclaré sur les ondes de Radio 1 qu’ils n’étaient pas pour des élections anticipées. Selon la présidente de l’Open VLD Gwendolyn Rutten, au lieu de résoudre un problème, elles causeraient davantage de chaos. Wouter Beke (CD&V) s’est également prononcé en faveur d’un gouvernement en affaires courantes, qui peut collaborer avec le Parlement : « … La question qui se pose est: ‘peut-il se passer quelque chose d’ici au mois de mai? ‘ Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités ». La ministre démissionnaire MR du Budget, Sophie Wilmès a quant à elle déclaré au micro de Bel RTL : « Les élections anticipées, qu’est-ce que ça va donner comme résultat ? On voterait au mois de février et puis on serait en incapacité de former un nouveau gouvernement… Pourquoi ? Parce qu’à ce moment-là, on sera de nouveau en campagne électorale pour former les majorités régionales et donc par définition c’est encore plus d’immobilisme pour le pays ».

Charles Michel
Après l’annonce de sa démission, Charles Michel a été applaudi par les trois partis de sa majorité Orange bleue. Il s’est immédiatement mis en route pour Laeke © BELGA PHOTO JAMES ARTHUR GEKIERE

PS Ecolo et DéFi : affaires courantes

Le Parlement doit continuer à travailler jusqu’aux élections fédérales du mois de mai malgré la démission du Premier ministre Charles Michel, a déclaré mercredi le co-président d’Ecolo Jean-Marc Nollet sur Bel RTL. Selon ce dernier, la meilleure option est désormais de laisser le Parlement travailler pour avancer sur les questions sociales et environnementales. Il considère que le gouvernement fédéral était « de fait » en affaires courantes depuis trois semaines. « En commission, le Parlement a adopté une résolution qui engage la Belgique dans une vision ambitieuse en matière climatique. C’est la preuve qu’en affaires courantes et sans gouvernement, on peut avancer s’il y a une bonne volonté ». Même son de cloche du côté socialiste francophone, rapportent nos confrères de La Libre. Laurette Onkelinx a partagé la volonté du PS d’attendre le scrutin programmé en mai. Elle a ajouté : « Pendant cette période d’affaires courantes, on peut véritablement prendre des décisions stratégiques, par exemple la baisse du prix de l’électricité ». DéFi a également partagé son souhait de maintenir le gouvernement en affaires courantes jusqu’en mai. 

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Ecolo Groen
Jean-Marc Nollet (Ecolo-Groen) et Meyrem Almaci (Ecolo-Groen), mardi 11 décembre 2018 après la démission de la N-VA de la « Suédoise ». © BELGA PHOTO THIERRY ROGE
Mardi soir, Benoît Lutgen, président du CDH, a estimé que le gouvernement en affaires courantes était l’option la « plus raisonnable », mais n’a pas exclu des élections anticipées.

Seule la N-VA souhaite renvoyer les électeurs aux urnes

La N-VA a indiqué pour sa part que les élections ne doivent pas être considérées comme un danger : « il ne faut pas avoir peur du jugement de l’électeur », a estimé Peter De Roover. Le parti se pensant en position de force, pourrait vouloir valider celle-ci au plus vite. D’après La Libre, le chef de groupe à la Chambre de la N-VA a également souligné que les trois dernières semaines avaient été chaotiques et que des élections anticipées pourraient éviter quatre nouveaux mois de chaos. Mais les autres partis néerlandophones de l’opposition sont loin d’être en accord avec les nationalistes. Les présidents du sp.a et de Groen ont indiqué mercredi matin sur les ondes de Radio 1, qu’ils ne privilégient pas non plus le scénario des élections anticipées. Meyrem Almaci (Groen) veut continuer à avancer dans certains dossiers malgré la démission du Premier ministre. « Nous n’avons pas peur des élections, mais trois scrutins en huit mois, c’est une mauvaise idée », a-t-elle ajouté.

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