Bolsonaro porte ses premiers coups aux territoires indigènes et aux LGBT

Bolsonaro porte ses premiers coups aux territoires indigènes et aux LGBT

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Jair Bolsonaro a été élu avec 55% des suffrages, en dépit de ses dérapages racistes, misogynes et homophobes. | © EVARISTO SA / AFP

Politique

Il aura fallu moins de 24 heures au nouveau président brésilien pour signer ses premières décisions ciblant les LGBT et territoires indigènes du pays. 

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jair Bolsonaro tient ses promesses. Il y a un an, il déclarait « Si j’assume le pouvoir, l’Indien n’aura plus un centimètre de terre ». Moins de 24 heures après son investiture, le nouveau président brésilien confie la démarcation des terres indigènes au ministère de l’agriculture, alors qu’elles étaient sous l’égide de la Fondation de l’Indien (Funai), un organisme publique chapeauté (jusqu’à présent) par le ministère de la Justice. Selon une ordonnance publiée au Journal Officiel, citée par le HuffPost, le ministère aura désormais sous sa responsabilité « la réforme agraire, la régularisation de la propriété dans les zones rurales (…) et les terres indigènes ». Jair Bolsonaro a de plus confié le portefeuille de l’Agriculture à Tereza Cristina da Costa, leader du groupe parlementaire « ruraliste », qui défend les intérêts de l’agrobusiness, un soutien important du président lors de sa campagne. Prometteur…

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LGBT+ et Droits de l’homme

Et les peuples autochtones ne sont pas les seuls à avoir vu immédiatement leurs craintes se matérialiser. Quelques heures après son entrée au pouvoir, l’ancien militaire conservateur a exclu les préoccupations liées aux personnes LGBT+ des prérogatives de son nouveau ministère des Droits de l’homme. Bolsonaro se dit ouvertement « fier homophobe »  et s’est pendant sa campagne engagé auprès de l’Église catholique brésilienne à défendre et promouvoir «  le vrai sens du mariage, c’est-à-dire l’union d’un homme et d’une femme ». 

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« Avez-vous vu? La rupture a commencé. Funai n’est plus responsable de l’identification, de la délimitation, de la démarcation et de l’enregistrement des terres autochtones. C’était publié aujourd’hui dans le Journal Officiel de l’Union. Quelqu’un a encore des doutes sur les promesses d’exclusion de la campagne ?? » (Sonia Guajaja est la coordinatrice exécutive de l’APIB – Articulation des peuples autochtones du Brésil, ndlr).

Pour rappel, Jair Bolsonaro a été élu avec 55% des suffrages, en dépit de ses dérapages racistes, misogynes et homophobes. Son arrivée au pouvoir marque un virage à l’extrême droite de la première puissance d’Amérique latine, chargé de lourdes incertitudes.

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