« Les garçons en bleu, les filles en rose » : Au Brésil, la nouvelle ministre de la Femme fait (déjà) polémique

Damares Alves

Damares Alves, la nouvelle ministre de la Femme, de la famille et des Droits humains. | © Sergio LIMA / AFP

Politique

Avec ses propos bourrés de stéréotypes genrés, la nouvelle ministre de la Femme, de la Famille et des Droits humains a provoqué une série de messages sarcastiques sur les réseaux sociaux au Brésil, et ailleurs. 

« Attention, attention. C’est une nouvelle ère au Brésil : les garçons s’habillent en bleu et les filles en rose », scande Damares Alves en marge de son intronisation, mercredi, à Brasilia, chaudement applaudie par son entourage. Avec cette déclaration, la nouvelle ministre du président d’extrême droite Jair Bolsonaro a déclenché une pluie de messages humoristiques sur les réseaux sociaux. D’autant que cette femme de 54 ans est la nouvelle ministre de la Femme, de la Famille et des Droits humains. L’une des deux seules femmes du gouvernement.

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Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont répondu à ses propos en publiant des photos où ils posent en vêtements roses pour les hommes, et bleus pour les femmes. Certains ont pris un malin plaisir à retrouver plusieurs clichés sur lesquels Damares Alves portait du bleu, pendant que d’autres la comparaient à Dolores Ombrage, la professeure bornée de Harry Potter.

Après les critiques, la ministre a réagi, selon nos confrères de La Libre, affirmant qu’il s’agissait d’une « métaphore contre la ‘théorie’ du genre », auquel le président Bolsonaro est très hostile, mais que « garçons et filles peuvent s’habiller en bleu, en rose, de toutes les couleurs, comme ils se sentent le mieux ». Avocate de formation, résolument contre l’avortement, elle avait affirmé lors de son discours d’intronisation que l’« Etat est laïc » mais qu’elle-même était « terriblement chrétienne ».

Elle a en revanche souligné que son ministère aurait bien pour mission de veiller à ce que les droits de la communauté LGBT soient assurés. Pourtant, pendant sa campagne, le président brésilien Bolsonaro, qui s’est dit ouvertement « fier homophobe », s’est engagé auprès de l’Église catholique brésilienne à défendre et promouvoir « le vrai sens du mariage, c’est-à-dire l’union d’un homme et d’une femme ».

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