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Qui est Félix Tshisekedi, proclamé président de la RDC ?

Félix Tshisekedi

Selon l'annonce du bureau de la Céni, Félix Tshisekedi est le nouveau président de la République démocratique du Congo avec 38,57% des voix. | © Luis TATO / AFP

Politique

L’opposant de Kabila a obtenu plus de 7 millions de voix. Qui est-il ? 

La Commission électorale nationale indépendante de la République démocratique du Congo a fait durer le suspense jusqu’au bout avant de proclamer le nom du successeur du président Joseph Kabila. Dans la nuit de mercredi 9 à jeudi 10 janvier, Félix Tshisekedi a été annoncé vainqueur de la présidentielle en vertu des résultats provisoires du vote du 30 décembre 2018. Qui est cet héritier politique et chef de l’UDPS?

Dans l’ombre du père

Le fils d’Etienne Tshisekedi, la principale figure de l’opposition pendant près de quarante ans et mort à Bruxelles le 1er février 2018, a endossé depuis le rôle de chef de famille politique. Ce père de cinq enfants a hérité de la direction de l’Union pour la démocratie et le progrès socialiste, le parti politique fondé par son père qui s’est opposé d’abord au général Mobutu, puis au clan Kabila. Et si les résultats annoncés se confirment, Félix Tshisekedi aura fait mieux que son père lors d’une présidentielle, Etienne Tshisekedi avait été battu en 2011 par Joseph Kabila.

Faux diplôme

A 22 ans, Félix, sa mère et ses frères prennent le chemin de l’exil en Belgique. Des cadres de l’UDPS contestent aujourd’hui sa légitimité politique, le qualifiant de « fils à papa » et rappelant qu’il a fait sa vie en Belgique, où il est installé depuis plus de trente ans.

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À Bruxelles, il aurait étudié le marketing et la communication en 1990 à l’Institut des carrières commerciales. Mais nos collègues de La Libre Belgique ont rapporté ce mardi que l’attestation de diplôme obtenu en Belgique par Félix Tshisekedi est fausse. Pire, l’institut mentionné affirme même ne pas organiser le graduat renseigné. La question a toute son importance puisqu’elle pourrait faire peser sur le candidat le risque d’une invalidation de sa candidature à la présidentielle.

Kinshasa
Luis TATO / AFP  Félix Tshisekedi en meeting politique à Kinshasa en décembre 2018. 

En campagne

Le dimanche 11 novembre au soir, sous l’égide du patron de la Fondation Koffi Annan, les sept leaders de l’opposition avaient désigné un candidat unique, Martin Fayulu. C’était pourtant Félix Tshisekedi qui était pressenti pour être le candidat unique de l’opposition. Dès le lendemain, lors d’une interview, Félix Tshisekedi fait volte-face et maintient sa candidature. Celui que l’on surnomme « Fatshi » part alors en campagne en tandem, l’UDPS faisant une alliance inédite à l’UNC de Vital Kamerhe à qui le poste de Premier ministre a été promis.

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La consécration

A l’annonce des résultats, Félix Tshisekedi a rendu hommage au président sortant Joseph Kabila, « nous ne devons plus le considérer comme un adversaire mais plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique dans notre pays » a-t-il déclaré. « Aujourd’hui est un grand jour, un jour historique pour la République démocratique du Congo mais également un jour historique pour l’opposition traditionnelle de ce pays ». Le leader de l’UDPS a aussi salué ses compétiteurs, alors que Martin Fayulu a dénoncé dans une interview à Radio France Internationale un « putsch électoral ».

RDC
John WESSELS / AFP Des supporters de Félix Tshisekedi dans les rues de Kinshasa le 10 janvier 2019. 
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