Brexit : Pourquoi un no-deal serait dangereux pour le Royaume-Uni

Brexit : Pourquoi un no-deal serait dangereux pour le Royaume-Uni

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Theresa May, le 16 janvier 2019. | © Ben STANSALL / AFP

Politique

Durant l’émission « Question Time » de la BBC, un expert britannique a expliqué à quel point un no-deal, une sortie de l’Union européenne sans accord, serait mauvais pour le Royaume-Uni.

Jeudi soir, en plein débat sur le Brexit, la journaliste Isabel Oakeshott a déclaré que la seule option pour Theresa May, après le rejet massif de son accord négocié avec les États membres de l’Union européenne, était de « s’en aller ». « C’est la seule chose qu’elle puisse faire », poursuit-elle sous les applaudissements du public. Autour de la table se trouve également Anand Menon, chercheur au King’s College de Londres et directeur du Royaume-Uni dans le cadre d’une initiative « Une Europe en mutation ». Face à la réaction du public, l’expert en politique européenne a voulu clarifier ce que signifiait réellement un « no-deal » pour son pays. « Je pense qu’il est très important d’être clair sur le no-deal », commence-t-il. « Pas d’accord avec l’Union européenne signifie que toutes les lois qui régissent notre interaction avec l’UE, que vous puissiez voyager, que vous puissiez commercer, que vous puissiez faire des achats, cessent d’exister ».

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« Cela signifie de graves perturbations et du point de vue de l’UE, vous avez tout à fait raison, un no-deal va faire mal aux Européens à Calais, en Belgique, à Amsterdam, dans tous les États membres. L’une des raisons pour lesquelles l’Union européenne est restée unie est que certains États membres ne commercent pas avec nous. Ils ont donc de meilleures choses à craindre, mais une sortie sans accord nous frappera plus fort qu’elle ne les touchera ».

Dans son opinion pour The GuardianAnand Menon explique que le Brexit n’est pas une transaction ordinaire. Avec une expression telle que « no-deal », il est probable d’associer la sortie sans accord de l’Union européenne à un échange commercial. Pourtant, le professeur insiste bien sur le fait que « ce n’est pas du tout une bonne analogie pour le Brexit ». « C’est de la politique, pas du commerce », lance le co-auteur de Brexit et politique britannique.

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Un Brexit coûteux

Anand Menon souligne que les priorités de l’UE resteront les mêmes : les droits de ses citoyens au Royaume-Uni seront garantis et le Brexit ne doit pas mener à une frontière en Irlande. « Si nous partons sans accord, ne vous attendez pas à ce qu’ils s’assoient avec nous pour discuter du commerce. Ils diront : ‘Contactez-nous lorsque vous serez prêt à régler les problèmes que nous pensions avoir résolus avec l’accord que vous avez rejeté’. D’autant plus que le Brexit implique que nous leur payons près de 40 milliards de livres« , soit plus de 45 milliards d’euros.

« Contrairement à mes pires craintes, lorsque j’ai essayé, nerveusement, d’expliquer tout cela au public de Derby, ils n’ont pas chahuté. Ils ne m’ont pas crié dessus. Ils ont fait attention ». Preuve que tout ce qui entoure le Brexit est encore flou pour de nombreuses personnes et que l’option du « no-deal » a souvent été soutenue par un ras-le-bol général, plus de deux ans après le référendum.

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