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Mike Pence compare Trump à Martin Luther King

Mike Pence

Donald Trump et Mike Pence se sont rendus au mémorial de Martin Luther King à l'occasion de la journée de commémoration. | © MANDEL NGAN / AFP

Politique

Le vice-président américain, Mike Pence, n’a pas hésité à citer le célèbre discours « I have a dream » de Martin Luther King pour faire le rapprochement avec l’actuel combat de Donald Trump qui tente de faire accepter par les démocrates une dépense de 5,7 milliards de dollars destinés à construire un mur à la frontière mexicaine.

Comparer l’actuel président des États-Unis, qui fait pour le moment surtout parler de lui pour ses idées arrêtées sur le climat ou sur l’immigration, et Martin Luther King, l’icône de la lutte pour les droits civiques, la paix et contre la pauvreté, il fallait déjà oser. Mais citer une phrase de son célèbre discours « I have a dream »  – qui, rappelons-le, défendait à l’époque la justice raciale et dénonçait la ségrégation – pour défendre l’idée de Donald Trump de construire un mur à la frontière mexicaine, c’est carrément culotté. Et pourtant, c’est bien ce que Mike Pence, le vice-président américain a expliqué en cette journée de commémoration de Martin Luther King aux États-Unis.

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« Une de mes phrases favorites de [Martin Luther] King est ‘C’est l’heure de tenir les promesses de la démocratie’. Pensez à la façon dont il a changé l’Amérique. Il nous a inspiré à changer à travers le processus législatif pour devenir une union plus parfaite. C’est exactement ce que le président Trump demande au Congrès de faire », a-t-il déclaré dimanche lors d’une interview sur la chaîne américaine CBS. Autrement dit, il définit la tentative de Trump de négocier avec les démocrates une dépense de 5,7 milliards de dollars pour construire son fameux mur comme une « promesse de démocratie ». Pour rappel, l’obstination des deux formations politiques de camper sur leurs positions a provoqué le plus long shutdown de l’histoire des administrations publiques américaines, laissant des centaines de milliers d’employés fédéraux impayés depuis plus d’un mois.

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Mais ce serait surtout oublier que la suite du discours de Martin Luther King était la suivante : « C’est l’heure d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale. C’est l’heure d’arracher notre nation des sables mouvant de l’injustice raciale et de l’établir sur le roc de la fraternité. C’est l’heure de faire de la justice une réalité pour tous les enfants de Dieu ». Justice raciale, fraternité, justice pour tous, etc… autant de mots qui ont du mal à cadrer avec l’idée de construire un mur à la frontière avec le Mexique pour en filtrer l’immigration.

Construire des ponts, pas des murs

Le fils du défenseur des droits civiques, Martin Luther King III, s’est lui-même exprimé suite à la sortie de Pence. « Martin Luther King Jr était un constructeur de ponts, pas un constructeur de murs. Martin Luther King Jr dirait que l’amour, et non la haine, rendrait l’Amérique grande ». Les réactions au speech de Mike Pence se sont rapidement propagées sur Internet.

« Trump est comme Martin Luther King Jr ? Répetez ça ? C’est ce qui ressemble à de l’ignorance ou de l’insulte ».

« Dégoûtant. Cet homme est littéralement en train de dire que Trump agit comme le Dr King en essayant de convaincre les gens de construire le mur à la frontière ».

« Comparer la contribution d’un des plus grands défenseurs des droits civiques avec un projet égocentrique construit sur une idéologie raciste et haineuse est particulièrement indigne ».

Une visite express

Le président américain et son vice-président se sont rendu au mémorial de Martin Luther King, à Washington, pour lui rendre hommage en cette journée de commémoration. Une visite express qui n’a même pas duré trois minutes. Donald Trump s’est contenté de déposer une gerbe de fleurs et de remercier les journalistes présents pour l’occasion.

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