Au Brésil, un député homosexuel démissionne et s’exile après des menaces de mort

Au Brésil, un député homosexuel démissionne et s’exile après des menaces de mort

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Jean Wyllys, le 2 avril 2018. | © Mauro Pimentel / AFP

Politique

Militant des droits LGBT, un député de gauche, farouchement opposé à Jair Bolsonaro, a choisi de fuir le pays en raison des nombreuses menaces de mort qu’il a reçues depuis l’élection du président d’extrême droite.

Jean Wyllys, un député gay qui représente les personnes LGBT au Parlement brésilien, a annoncé jeudi qu’il renonçait à son troisième mandat et quittait son pays en raison des nombreuses menaces qu’il a reçues depuis l’élection du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. « Préserver une vie menacée est aussi une stratégie de lutte pour des jours meilleurs. Nous avons fait beaucoup pour le bien commun. Et nous ferons beaucoup plus quand viendront des temps nouveaux, peu importe que nous agissions par d’autres moyens », a écrit sur Twitter le député du Parti Socialisme et liberté (PSOL, gauche).

Selon le service de communication du Parlement, Jean Wyllys, 44 ans, n’a pas encore officialisé sa décision. Son assistante a toutefois confirmé à l’AFP que le député de Rio de Janeiro avait décidé de renoncer à son mandat, qui devait commencer le 1er février, et qu’il avait quitté le Brésil avec l’intention de vivre provisoirement « hors du pays », sans préciser sa destination.

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Augmentation du niveau de violence

Dans un entretien accordé au quotidien Folha de S. Paulo, Jean Wyllys a expliqué que ce n’était « pas l’élection de Bolsonaro en elle-même » qui l’avait poussé à renoncer à son troisième mandat consécutif, mais le « niveau de violence qui a augmenté depuis l’élection » de cet ex-capitaine d’armée, qui a bénéficié d’un large soutien de la part des églises évangéliques ultra-conservatrices. Il a notamment cité la multiplication des agressions et des meurtres de membres de la communauté LGBT.

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© EVARISTO SA / AFP

En novembre, après la victoire de Jair Bolsonaro, la Commission interaméricaine des droits humaines (CIDH) a demandé au Brésil qu’il prenne les « mesures nécessaires pour protéger les droits, la vie et l’intégrité personnelle » de Jean Wyllys et de sa famille.

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Opposé à Bolsonaro

En avril 2016, pendant les débats au Parlement sur la destitution de l’ancienne présidente de gauche Dilma Rousseff, Jean Wyllys avait craché au visage de Jair Bolsonaro, à l’époque député, qui venait de faire l’éloge d’un tortionnaire notoire de l’époque de la dictature militaire (1964-1985). Le Conseil de discipline du Parlement l’avait sanctionné par un « blâme », mais avait rejeté une motion demandant sa suspension pour un mois.

Jean Wyllys, qui sera remplacé par son suppléant, est un des dix députés du PSOL, le parti auquel appartenait la conseillère municipale de Rio Marielle Franco, assassinée en 2018. Issue des favelas, elle aussi défendait le droit des gays et des lesbiennes. Selon RFI, le député exilé met en cause le rôle des milices à Rio, déjà pointée du doigt dans l’assassinat de la conseillère, et évoque la relation entre ces groupes paramilitaires et l’un des fils du président, Flavio Bolsonaro. Celui-ci, récemment élu sénateur, est visé par des soupçons de corruption.

Avec Belga

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