L’ONU demande à la Belgique de cesser de détenir des enfants en centre fermé

L’ONU demande à la Belgique de cesser de détenir des enfants en centre fermé

L'ONU s'inquiète que des enfants soient détenus dans les centres fermés de Belgique. | © Guillaume de Germain/Unsplash

Politique

Le Comité des droits de l’enfant prie la Belgique de cesser immédiatement de détenir des enfants en centre fermé.

Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies s’est dit  « profondément préoccupé » par la détention de familles de migrants en Belgique. Dans ses recommandations publiées jeudi, il implore le pays de cesser instamment de détenir des enfants en centres fermés et de recourir à des lieux ouverts. La Belgique doit veiller en priorité à l’intérêt supérieur de l’enfant, en ce compris en matière d’asile et de migration, a indiqué l’instance onusienne. Mi-janvier, l’ONG Human Rights Watch déplorait également le fait que « la Belgique a avancé dans son intention de reprendre la détention de familles de migrants ». 

Lire aussi > Mineurs en centre fermé : La Belgique pointée du doigt dans un nouveau rapport

Les autorités belges avaient été appelées à s’expliquer par écrit avant d’être auditionnées à Genève fin janvier. Elles avaient défendu la décision du gouvernement fédéral d’autoriser à nouveau depuis cet été l’enfermement de familles de migrants dans des unités spéciales afin de les expulser du territoire. Une représentante de l’Office des étrangers avait assuré que le placement en centre fermé était une décision de « dernier recours », pour une période limitée, et après l’échec de toutes les autres mesures.

centre fermé 127 bis
Chaises peintes dans une pièce du centre fermé 127bis. © DIRK WAEM

Une recommandation cinglante

Cet été, le Comité des droits de l’enfant lui-même avait exigé la libération de la première famille enfermée dans le centre « 127bis« , une mère serbe et ses quatre enfants. En vain. Les ONG, Unicef et les délégués généraux aux droits de l’enfant combattent cette pratique depuis sa mise en oeuvre. Ils s’attendaient donc à une recommandation cinglante sur ce point. Ils ne furent pas déçus. L’organisaiton des droits de l’homme Amnesty International s’est réjoui des recommandations.

Composé de 18 experts, le Comité des droits de l’enfant est chargé de surveiller la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant, et ses protocoles; par les Etats qui l’ont ratifiée, dont la Belgique. Périodiquement, tous les cinq ans en principe, ces experts examinent la politique de chacun de ces Etats sur la base des rapports officiels qu’ils reçoivent mais aussi des rapports « alternatifs » que la société civile est invitée à fournir.

Lire aussi > #NotInMyName : Une deuxième famille en centre fermé, les associations se mobilisent

Avec Belga

CIM Internet