Les propos antisémites d’une démocrate provoquent un tollé aux États-Unis

Les propos antisémites d’une démocrate provoquent un tollé aux États-Unis

Ilhan Omar, députée du Minnesota, au Capitol de Washington le 5 février 2019. | © MANDEL NGAN / AFP

Politique

Plusieurs démocrates n’ont pas attendu longtemps pour condamner les propos jugés antisémites de Illhan Omar, une de leurs collègues.

Les dirigeants démocrates au Congrès ont condamné lundi les déclarations considérées antisémites d’une élue affirmant que le soutien américain à Israël était alimenté par des financements de l’AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux États-Unis, et ont demandé qu’elle présente des excuses.

Ilhan Omar, qui siège à la Chambre des représentants à Washington depuis début janvier, est au centre d’une controverse depuis qu’elle a annoncé son soutien au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) qui appelle au boycottage économique, culturel ou scientifique d’Israël pour protester contre l’occupation des territoires palestiniens. Mais certains partisans d’Israël accusent le BDS d’être une forme d’antisémitisme.

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Cette fille de réfugiés somaliens, musulmane, a provoqué un nouveau tollé dimanche soir répondant « l’AIPAC! » à un message sur Twitter lui demandant « qui paie les responsables politiques américains pour être pro-Israël ».

Elle avait auparavant affirmé que la controverse avait grandi « à cause des Benjamin », en référence au visage de Benjamin Franklin qui figure sur les billets de 100 dollars.

Les démocrates se désolidarisent

« L’usage par la parlementaire Omar d’une rhétorique antisémite et d’accusations préjudiciables sur les partisans d’Israël sont profondément offensantes », ont affirmé dans un communiqué commun des responsables démocrates à la Chambre des représentants, dont la présidente de la chambre basse Nancy Pelosi. « Nous condamnons ces déclarations et appelons (Mme Omar) à s’excuser immédiatement pour ses commentaires blessants », ont poursuivi les signataires.

Au moins une dizaine de parlementaires, républicains comme démocrates, avaient auparavant condamné les propos de l’élue, demandant qu’elle soit sanctionnée. Eliot Engel, président démocrate de la puissante commission des Affaires étrangères de la Chambre, a estimé « choquant qu’un membre du Congrès évoque la rhétorique antisémite de ‘l’argent juif’ ». La démocrate Debbie Wasserman Schultz, également élue à la Chambre, a dénoncé « des tweets impliquant que le soutien américain à Israël est mené par l’argent, plutôt que par des intérêts et des valeurs partagées » et a qualifié ces messages « d’alarmants, offensants et dérangeants ».

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Le soutien à la campagne BDS de Mme Omar et de Rashida Tlaib, l’autre élue musulmane au Congrès, embarrasse le parti démocrate. La poussée de l’aile gauche aux élections de novembre pourrait rebuter l’électorat modéré, notamment les juifs libéraux, dans l’optique de la présidentielle de 2020. Selon un sondage publié en mars 2018 par l’institut Gallup sur le conflit israélo-palestinien, 64% des Américains se disaient proches des Israéliens, contre 19% pour les Palestiniens.

Ses excuses

Ilhan Omar a présenté ses excuses lundi soir pour avoir affirmé que le soutien américain à Israël était alimenté par des financements de l’AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux États-Unis.  « L’antisémitisme est réel et je suis reconnaissante à mes alliés et collègues juifs qui me donnent une leçon sur cette histoire douloureuse de rhétorique antisémite », a indiqué l’élue démocrate, qui siège à la Chambre des représentants depuis début janvier, dans un communiqué. « Mon intention n’était pas d’offenser mes administrés ou les juifs américains. Il faut toujours être prêt à reculer et à réfléchir aux critiques, comme j’attends des gens qu’ils m’écoutent quand on m’attaque à cause de mon identité », a-t-elle ajouté en présentant des « excuses sans équivoque ».

Avec Belga

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