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Quand Trump était contre « l’urgence nationale » sous Obama

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Donald trump, le 13 février 2019. | © Nicholas Kamm / AFP

Politique

Après avoir choisi « l’urgence nationale » pour construire son mur, le président américain Donald Trump va regretter ce tweet datant de 2014.

Jeudi 14 février, jour de la Saint-Valentin, Donald Trump a fait un cadeau à ses partisans : il a choisi l' »urgence nationale » pour construire son mur à la frontière mexicaine. En invoquant cette procédure exceptionnelle, le président américain va pouvoir contourner le Congrès pour mobiliser des fonds, et donc tenir sa promesse de campagne.

Depuis des semaines, les négociations tournent autour de ce mur qu’il veut construire pour lutter contre l’immigration clandestine et dont l’opposition ne veut pas entendre parler, rappelle AFP. Avec, en fond, la menace d’un nouveau « shutdown » si aucun accord n’était trouvé avant vendredi, minuit, pour éviter l’impasse budgétaire. Jeudi, le Sénat, contrôlé par les républicains, et la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, ont approuvé une loi de financement née de ce compromis, qui n’attend plus que la promulgation du président. Seul hic : elle ne comprend que 1,4 milliard de dollars des 5,7 milliards réclamés, soit un quart du budget demandé par Donald Trump. Tout en signant le texte, le milliardaire déclarera donc l' »urgence nationale » afin de « mettre fin à la crise de sécurité nationale et humanitaire à la frontière », a annoncé Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche. « Une nouvelle fois, le président tient sa promesse de construire le mur, de protéger la frontière et d’assurer la sécurité de notre grand pays », a-t-elle souligné.

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Une loi votée en 1976, le « National Emergencies Act », autorise le président des États-Unis à invoquer une « urgence » nationale pour activer des pouvoirs extraordinaires, qui permettraient à Donald Trump de contourner le Congrès en s’appuyant par exemple sur l’armée pour faire ériger le fameux mur. Il est loin d’être le premier à avoir fait appel à cette procédure. Tous les présidents depuis 1976 ont utilisé cette disposition, dont Barack Obama. Mais lorsqu’il s’agissait de son prédécesseur, Donald Trump n’y était pas du tout favorable.

« Les républicains ne doivent pas permettre au président Obama d’utiliser la constitution américaine pour son propre bénéfice et parce qu’il est incapable de négocier avec le Congrès », tweetait le milliardaire en novembre 2014, en faisant référence à l’annonce de Barack Obama après plus d’un an de négociations de faire appel à « l’urgence nationale » notamment pour protéger les parents d’enfants citoyens américains contre l’expulsion. Une action arrêtée finalement devant les tribunaux, rappelle Vox.

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Colère des parlementaires

La décision de Donald Trump hérisse de nombreux parlementaires, y compris dans les rangs républicains. « Déclarer l’urgence nationale dans ce cas serait une erreur », a ainsi réagi la sénatrice républicaine Susan Collins. « Un grave abus de pouvoir », « une tentative désespérée de détourner l’attention du fait que le président n’a pas tenu sa promesse fondamentale que le Mexique payerait pour son mur »… Du côté des démocrates, l’indignation règne. « Il n’y a pas d’urgence à la frontière » avec le Mexique, a asséné Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants. « Nous allons passer nos options en revue et nous serons préparés à y répondre de façon appropriée ».

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