Aux États-Unis, un élu compare la communauté LGBTQ+ au Ku Klux Klan

Aux États-Unis, un élu compare la communauté LGBTQ+ au Ku Klux Klan

LGBTQ

Pour l'élu, la communauté LGBTQ+ sont des "terroristes politiques". | © Peter Hershey/Unsplash

Politique

Eric Porterfield, un homme politique membre républicain de la chambre des délégués de Virginie occidentale, s’est attaqué sans scrupules à la communauté LGBTQ+ et à ses propres enfants, par la même occasion.

Cette semaine, aux États-Unis, un élu républicain a fait fort. Très fort même. Dans une interview à la radio locale WWVA, Eric Porterfield, un homme politique et membre républicain de la chambre des délégués de Virginie occidentale s’est attaqué frontalement à la communauté LGBTQ+. Élu en novembre 2018, il a déjà un lourd passé composé de remarques très homophobes dont il ne se cache pas. La semaine passée, il a provoqué l’indignation à la Chambre des délégués de Virginie occidentale en plaidant en faveur d’un projet de loi qui permettrait la discrimination anti LGBT dans les régions qui ont adopté des ordonnances l’incriminant, rapporte le Charleston Gazette-Mail, cité parThe Independant. Heureusement, l’amendement n’est pas passé. Dans 30 états des États-Unis, les personnes LGBTQ+ peuvent déjà être virées, expulsées ou se voir refuser un service, juste parce qu’elles sont qui elles sont.

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Toujours selon le journal, Eric Porterfield a déclaré que la communauté LGBTQ+ était un « groupe terroriste » qui n’avait « rien à faire de la diversité de pensée ». Il a poussé la comparaison en affirmant que « les LGBTQ sont une version moderne du Ku Klux Klan, sans porter leurs cagoules ». CNN rapporte également qu’il aurait déclaré qu’« ils ne protègent pas les gays. Il y a beaucoup de gays qu’ils persécutent s’ils ne s’alignent pas avec leur idéologie ».

Ses sorties répétées et assumée concernant la communauté LGBTQ+ ont bien évidemment été vivement condamnées par le parti démocratique. Vendredi passé, deux jours après ses déclarations, le parti démocratique de Virginie occidentale a publié une déclaration demandant à Porterfield de démissionner. « Il n’y a pas de place en Virginie occidentale pour quelqu’un qui exprime tant de haine », s’est indignée Belina Biafore, présidente du parti démocratique de Virginie occidentale.

West Virginia Republican Party’s Leadership Needs To Denounce Delegate Porterfield’s Hateful Remarks & Actions, The…

Publiée par West Virginia Democratic Party sur Vendredi 8 février 2019

Et il assume

Mais l’élu n’a pas l’air d’avoir été particulièrement touché par les déclarations de ses opposants. Lorsqu’une semaine plus tard, il est invité par la radio locale WWVA pour parler de ses déclarations, il en remet une bonne couche. Et commence l’interview sans chichi : « Ce n’étaient pas des remarques anti gays. C’étaient des remarques anti LGBTQ+ que je fais parce qu’il s’agit de terroristes politiques. Ils sont sans doute la chose la plus proche du Ku Klux Klan dans la sphère politique moderne ».

Lawmaker Eric Porterfield (R-WV) Likens LGBTQ+ Activists to KKK in Defense of Homophobic Stance

This lawmaker compares the LGBTQ+ community to the Ku Klux Klan and implied he’d drown his own children if they were gay (warning: distressing themes)

Publiée par NowThis Election sur Jeudi 14 février 2019

Ses déclarations auraient pu s’arrêter là. On aurait souhaité qu’elles s’arrêtent déjà bien avant d’ailleurs. Mais ce fier partisan de Trump (sa casquette Make America great again est là pour vous le rappeler) est allé (encore) plus loin. Lorsque la journaliste lui a demandé comment il réagirait s’il apprenait que ses enfants (il a un fils et une fille) étaient gays, il a répondu, sourire aux lèvres : « Et bien, je m’adresserais d’abord à ma fille. Je l’emmènerais pour une pédicure, et je verrai si elle sait nager. Si c’était mon fils, je l’emmènerais sans doute chasser ou pêcher et je verrai s’il sait nager ». Nous on a arrêté la vidéo là. Chacun interprétant la signification de cette phrase à sa manière. En tout cas, lui, n’a pas développé plus loin. Il s’est contenté de répéter en souriant « je verrai s’ils savent nager ».

Je l’emmènerai pour une pédicure et je verrai si elle sait nager.

Plus tard, lors de cette même interview, lorsque la journaliste est revenue sur sa comparaison avec le Ku Klux Klan – qui, pour mémoire, s’était donné comme objectif, au lendemain de la guerre de Sécession, la lutte contre les Noirs qui venaient de gagner leur émancipation – Eric Porterfield a précisé que tout comme le KKK, la communauté LGBTQ+ supprimait le droit des « gens de ne pas être d’accord avec eux ».

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Et en ce qui concerne la volonté de ses opposants de le voir démissionner, il a simplement répondu :« oui, il y a certaines personnes qui devraient démissionner. Mais ce n’est pas Eric Porterfield ».

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