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Le président rwandais reçu pour le première fois au Vatican par le pape François

Le pape François a demandé pardon pour "les péchés et manquements de l'Église et ses membres" durant le génocide de 1994 au Rwanda | © Belga

Politique

Ce lundi 20 mars, le président rwandais s’est rendu au Vatican pour un tout premier entretien avec le pape François.

Sur invitation du pape François, le président du Rwanda, Paul Kagame, a foulé pour la première fois les pavés de marbre du Vatican. Une visite officielle à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire des deux États.

« Grand jour/moment et entretien avec le pape François… Nouveau chapitre dans les relations entre le Rwanda et l’Église catholique/le Saint-Siège », a posté le président rwandais sur son compte Twitter.

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Saint pardon

À l’occasion de la visite du chef de l’État rwandais, le pape François a « imploré à nouveau le pardon de Dieu pour les péchés et manquements de l’Église et ses membres » durant le génocide de 1994 au Rwanda.

Une déclaration officialisée suite à la demande du gouvernement rwandais au Vatican, en novembre dernier, de demander pardon pour le rôle de certains représentants de l’Église dans le génocide.

Selon un communiqué publié par le Saint-Siège, le souverain pontife a exprimé « sa profonde tristesse, et celle du Saint-Siège et de l’Église, pour le génocide perpétré contre les Tutsi », qui selon l’ONU, a fait 800 000 morts – essentiellement parmi les Tutsi – ainsi que « sa solidarité avec les victimes et ceux qui continuent à souffrir des conséquences de ces tragiques événements ».

L’Église catholique, impliquée dans le génocide

Plusieurs fois remise en cause pour sa proximité avec le régime hutu extrémiste, l’Église catholique rwandaise a également été critiquée pour l’implication de prêtres et de religieux dans les massacres contre la minorité tutsi.

En juillet 1994, plusieurs églises ont été le théâtre de tueries de masse. Prêtres, religieux et religieuses avaient ainsi été jugés principalement par les tribunaux rwandais, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ou la justice belge.

En novembre dernier, neuf évêques rwandais avaient dès lors signé une lettre demandant pardon pour tous les chrétiens impliqués dans le génocide. Un pardon imploré pour les individus, et non pour l’Église en tant qu’institution, a précisé l’évêque Philippe Rukamba, président de la Commission épiscopale rwandaise, en affirmant : « L’Église n’a pas participé au génocide ».

 

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