Omissions, incohérences… : Benalla dans le viseur de la justice pour « faux témoignage »

Omissions, incohérences… : Benalla dans le viseur de la justice pour « faux témoignage »

alexandre benalla

Alexandre Benalla, le 19 février 2019. | © (Photo by Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Politique

Mardi, Alexandre Benalla a été placé en détention provisoire pour ne pas avoir respecté le contrôle judiciaire qui lui était imposé dans le cadre de l’enquête sur les violences du 1er mai 2018 à Paris.

 

La commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla a demandé au Bureau du Sénat de saisir la justice pour « faux témoignage » de la part d’Alexandre Benalla et de Vincent Crase (ancien employé de la République en marche), tous deux en détention provisoire depuis mardi.

Dans une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, dont l’AFP a eu connaissance mercredi, la commission met également en cause le témoignage de trois hauts responsables à l’Elysée, Patrick Strzoda, Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, les soupçonnant « d’omissions, incohérences » et « contradictions ». « Tout témoignage mensonger devant une commission d’enquête parlementaire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende », rappellent dans leur lettre le président de la commission Philippe Bas et les deux co-rapporteurs, Jean-Pierre Sueur et Muriel Jourda.

Mensonges et non-dits

Concernant M. Benalla, ancien chargé de mission à l’Elysée, ils estiment que « contrairement à ses affirmations, (il) assurait bien, dans les faits, une fonction de protection rapprochée du chef de l’État ». Ils épinglent aussi ses déclarations sous serment sur ses passeports diplomatiques. M. Benalla et Vincent Crase, ex-employé de LREM et ex-gendarme réserviste en fonction à la présidence de la République, sont aussi soupçonnés d’avoir menti sur le contrat de sécurité privé négocié avec un oligarque russe, Iskander Makhmudov.

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Concernant Patrick Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, et le général Lionel Lavergne, chef du Groupe de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR), la commission estime avoir « bénéficié d’utiles informations » de leur part mais elle a « également mis au jour dans leurs déclarations un certain nombre d’omissions, d’incohérences et de contradictions », est-il indiqué dans la lettre.

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Ces trois hauts responsables « ont retenu une part significative de la vérité à la commission », notamment « sur le périmètre de la mission de sécurité exercée par Alexandre Benalla », juge la commission, qui demande au Bureau du Sénat « de saisir le ministère public », qui pourra « procéder aux investigations qu’il jugera opportunes ».

La commission d’enquête sénatoriale française pointe également une série de « dysfonctionnements majeurs au sein des services de l’État », qui ont pu « affecter » la sécurité du président français et « les intérêts » du pays.

 

Avec Belga

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