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Les partis politiques font leur liste (des courses)

L’arrivée de Philippe Malherbe, plus que les qualités de l’homme en faveur du parti, est surtout l’occasion pour le cdH de montrer que le vent tourne(rait). | © Didier Bauweraerts

Politique

Ils peaufinent leurs équipes électorales à l’approche des scrutins du 26 mai prochain. Les partis politiques effectuent leurs derniers arbitrages. Non sans surprises.

 

Le Parti socialiste a été le premier à cadenasser ses principales têtes de liste. Un hasard ? La volonté de séduire l’opinion le plus vite possible ? Point du tout. Il s’agissait de planter le décor interne. Elio Di Rupo ne voulait pas que son strapontin présidentiel soit discuté à l’occasion de sondages douteux, de tensions internes et d’une « vague Magnette » qui pourrait déstabiliser l’état-major actuel.

Fissa, le président s’autoproclama tête de liste fédérale dans le Hainaut. Restait à Paul le poste de premier de cordée européen, puisque l’essentiel est déjà occupé dans la province. Incongruité : le candidat ne siègera pas au parlement de l’Union. Il sera cependant porte-parole du PS pour la campagne. On se console comme on peut. Et tant pis pour l’éthique, le cumul électoral et le décumul virtuel. A s’y perdre.
Pendant que le PS évitait la tempête, le cdH a créé un cyclone.

Benoît Lutgen, quelque peu épuisé à la tâche, laisse la rue des Deux Eglises à Maxime Prévot. Le nouveau président offre le premier « people » de la campagne. L’ancien journaliste de RTL TVI, Philippe Malherbe, occupera la très convoitée deuxième place sur la liste régionale bruxelloise. Sans risque ? Mahinur Ozdemir (députée bruxelloise) a été éjectée du parti pour non-reconnaissance du génocide arménien et Anne Delvaux (ex-RTBF) parce qu’elle ne voulait pas se soumettre à certains diktats.

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L’arrivée de Philippe Malherbe, plus que les qualités de l’homme en faveur du parti, est surtout l’occasion pour le cdH de montrer que le vent tourne(rait). Cette approche va-t-elle créer un nouveau souffle ? En tout cas, la séquence présidentielle au cdH a déclenché des idées originales.

Le MR ne fait pas autre chose

Charles Michel reprend son siège avenue de la Toison d’Or. Olivier Chastel, quelque peu épuisé à la tâche itou, s’en va à l’Europe. Le Premier descend dans toutes les arènes. Il portera le bilan de son gouvernement. Avec plus de vigueur et plus de panache, pensent une partie des bleus.

Voilà que le débat des présidents de parti change de casting. Subitement. Volonté de peps, volonté de changer les capitaines d’équipe pour remotiver les troupes et créer la curiosité du chaland. Dans ce jeu, DéFI se retrouve dans une position tout à coup saugrenue. Le président Olivier Maingain est le vieux de vieille. Mais, surtout, il ne se présentera pas au suffrage. Le seul parmi ses pairs !

De plus, son ministre Didier Gosuin abandonne son destin régional. Bernard Clerfayt plonge, mais seulement la moitié du corps : c’est la ministre-présidence bruxelloise ou rien. Les jambes et les pieds sont toujours bien ancrés à Schaerbeek. Le bourgmestre n’est pas fou à tout risquer. DéFI a certes confié son destin fédéral dans la capitale à François De Smet, jusqu’il y a peu directeur du Centre fédéral de la migration (Myria). Un wagon pour deux locomotives disparues.

Finalement, Ecolo est singulier. Il mise tout sur sa marque. Elle est forte. Chaque jeudi que les jeunes font, encore plus. Singulier ? Pas tout à fait. Les verts n’ont pas échappé à un tour de passe-passe. Sa coprésidente se présente aux élections fédérales tout en briguant la décidément très convoitée fonction de chef de l’exécutif bruxellois. Zakia Khattabi n’a pas évité le piège de l’illisibilité pour le commun des citoyens. Comme quoi personne n’échappe à la volonté de faire ses courses avec le plus d’opportunisme possible, quitte à être en indélicatesse avec son âme profonde. La liste est longue.

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