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Politique belge : la popularité est-elle influencée par les mandats exercés ?

Au nord du pays, les électeurs sont plus enthousiastes qu'au sud. | © © Belga

Politique

En Belgique, il est fréquent de dire que les électeurs flamands et francophones vivent dans deux démocraties différentes tant leurs visions de l’état sont divergentes. Qu’en est-il exactement ? Deux chercheurs de l’ULB se sont penchés sur la question. 

Les électeurs belges sont volatiles, c’est là leur moindre défaut. Adoubé un jour, un homme politique peut se retrouver conspué le lendemain au gré de l’actualité. Outre les scandales et les révélations, quels sont les facteurs qui influencent la popularité des élus belges ? Pour Clément Jadot et Simon Willocq, chercheurs au Centre d’étude de la vie politique (CEVIPOL) de l’ULB, la nature des mandats exercés joue un rôle non négligeable.

12 ans de données

Partis des données récoltées pendant 12 ans (2004-2016) par le baromètre politique de La Libre Belgique et de la RTBF, les deux doctorants en science politique ont analysé l’influence des mandats aux différents niveaux de pouvoir sur la popularité des élus. Une influence considérable et variable selon qu’on étudie la Flandre, Bruxelles ou la Wallonie.

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En Flandre, la conception du pouvoir est plus équilibrée qu’en Wallonie et à Bruxelles © Belga

Plus équilibrée en Flandre

Ainsi, chez nos voisins flamands, il semblerait que les mandats fédéraux et régionaux soient récompensés également en manière de popularité. Tandis qu’en Wallonie et à Bruxelles on constate une hiérarchie claire, avec les politiciens élus au fédéral plus populaires auprès des électeurs, en Flandre, la popularité est plus équilibrée.

Conception plus hiérarchique

En Wallonie et à Bruxelles, les politiciens qui exercent un mandat régional ou communautaire encaissent un déficit de popularité auprès des électeurs. Qui sont à l’inverse plus enclins à accorder leur confiance à une figure politique élue au fédéral. Un témoignage de la conception plus hiérarchique de la Belgique entretenue par les Wallons et les Bruxellois.

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Au Sud du pays, les électeurs sont plus méfiants © Belga

Moins de confiance au Sud

Outre un plus grand équilibre, il semblerait également que les électeurs flamands se montrent plus enthousiastes que les électeurs bruxellois et wallons. Les Flamands sont en effet plus enclins que leurs homologues à souhaiter que le personnel politique considéré dans son ensemble joue à l’avenir un rôle plus important. Un constat qui appuie les recherches révélant une moindre confiance politique dans le sud du pays.

La poule et l’oeuf

Car c’est là qu’est l’os : Flamands, Wallons et Bruxellois ne partagent pas la même vision de la répartition de pouvoir en Belgique. Avec un point de ralliement tout de même : toutes régions confondues, la position de président de parti reste un boost incroyable pour la popularité d’un politicien. À moins que ce ne soit leur incroyable popularité qui les ait amenés à ce poste ? De l’éternel renouvellement du débat de la poule et l’oeuf dans la tambouille politique de Belgique…

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