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Youtube et hologramme : Mélenchon invente la campagne du futur

Mélenchon hologramme

Depuis quelques mois, Jean-Luc Mélenchon embrasse la technologie dans sa politique. | © AFP PHOTO/JEAN-FRANCOIS MONIER

Politique

Pris par une fièvre technologique, Jean-Luc Mélenchon bat la campagne aussi bien en rue que virtuellement, allant jusqu’à être présent aux deux endroits à la fois grâce à un hologramme.

 

C’est dans la petite salle au décor sobre de son siège de campagne parisien que Jean-Luc Mélenchon fait cette annonce pour le moins peu commune : le 5 février, à l’occasion d’un meeting, l’homme politique de gauche se dédoublera. Il sera à la fois à Paris et à Lyon. Science-fiction ? Presque. Le candidat de gauche – hors primaire – sera représenté à Lyon par un double holographique. L’occasion pour cette (forte) personnalité de la politique française de faire « appel à l’esprit des sciences et du partage » au sein de sa campagne. « Quoi que dise et veuille madame Le Pen, tel est le monde : tout le monde peut circuler, même sans y être », tacle Mélenchon avant d’ajouter, non sans humour : « Quoi qu’ils puissent espérer tous, je peux me dupliquer en plusieurs exemplaires, si bien que l’embêtement permanent que je représente pour eux est quasiment inextinguible« .

Des followers par centaines de milliers

Ce qu’on pensait n’être qu’un rêve futuriste dragué par le cinéma est depuis quelques années une réalité bien palpable. On peut désormais croiser des hologrammes à l’aéroport, nous indiquant les ultimes consignes de sécurité avant de monter à bord, ou en concert, puisque depuis Coachella 2012 et l’apparition fantomatique de Tupac, on est susceptible de voir (ré)apparaitre un artiste défunt à chaque coin de scène. On n’avait en revanche encore jamais vu un politique tenter l’expérience. Technophobes, les potentiels élus ? C’est que, si elle échoue, l’expérience peut écorner dramatiquement une image, tant virtuelle que réelle. Pourtant, Mélenchon prend sans crainte le pari de la technologie, comme il le fait depuis plusieurs mois maintenant avec sa chaine YouTube, à travers laquelle il distille sa vision de la politique et du monde. Avec succès.

Chacune de ses « revues de la semaine » filmées atteignent désormais plusieurs centaines de milliers de vues, tandis que le nombre de ses abonnés se chiffre déjà à 164 000. Un score qui étonne le candidat à la primaire lui-même, qui, toujours aussi direct et transparent, n’hésite pas à se confier directement à ses followers. Cette stratégie portera-t-elle ses fruits aux urnes ? Une chose est certaine pour l’heure, à défaut d’être président, Jean-Luc Mélenchon n’est pas un candidat « normal ».

 

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