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Le choix des politiques belges pour les élections françaises

Le premier tour de l'élection présidentielle sera dans moins d'un mois | © Belga

Politique

Affaire Fillon, progression du Front National, les élections françaises retiennent l’attention de toute l’Europe. À un mois du premier tour, focus sur les candidats de prédilection des politiques belges, côté francophone. 

En novembre dernier, les élections américaines tenaient en haleine le monde entier. Aujourd’hui, c’est vers la France que les yeux des Européens sont tournés. Et pour cause, les conséquences pour l’Union européenne ne seront pas les mêmes si Marine Le Pen, la Présidente du FN, sort gagnante plutôt qu’Emmanuel Macron, pour qui « l’Europe est la solution, pas le problème ». Du côté belge, certains politiques ne cachent pas leur préférence quitte à s’afficher au côté des candidats français lors de leurs visites en Belgique.

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Benoît Hamon, le candidat qui rassemble les rouges et les verts

Pour Elio Di Rupo, le choix est clair : il voterait pour le grand gagnant des primaires de la gauche. L’ancien Premier ministre a d’ailleurs démontré tout son soutien au candidat socialiste français le mardi 21 mars, lors du meeting de Benoît Hamon à Bruxelles. Selon lui, son programme croncrétise un socialisme de l’espoir, qui ouvre des perspectives à toute une population. Les visions très proches de ce que doit être l’Europe rassemblent également les partis socialistes français et belge. « Nous estimons qu’il faut briser le carcan des règles budgétaires européennes. Nous nous battons pour un salaire minimum européen, pour une une convergence fiscale entre les 27 pays, pour une stratégie industrielle européenne et un vaste plan d’investissements pour soutenir la transition écologique  » décrypte Elio Di Rupo.

 

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Les attentes de Paul Magnette, Ministre-Président de la Wallonie, se tourne également sur l’ancien ministre de l’Éducation nationale. « Benoît Hamon incarne une gauche moderne qui a ramené des thèmes qui ont ré-ouvert le débat politique. Il est parvenu à re-passionner la jeunesse, à retravailler sur des thèmes comme l’écologie qui sont des thèmes aujourd’hui extrêmement importants pour la gauche » confie-t-il à la RTBF.  Pour ces membres du PS belge, Benoît Hamon porte aujourd’hui une politique régénérée, plus à gauche, plus généreuse, plus combative face à toutes les injustices.

Du côté des Verts, Zakia Khattabi préfère parler d’un choix basé sur un projet plutôt que sur une personne. La co-présidente choisirait au final le candidat socialiste et écologiste. Pour rappel, le candidat Ecologiste Yannick Jadot s’est retiré de la course à la présidence pour se rallier à Benoît Hamon.

Emmanuel Macron, le candidat « de gauche et de droite », séduit principalement le MR

Si François Fillon s’était propulsé en écartant Alain Juppé à la primaire de la droite, les ministres du MR ne semblent pas pour autant en accord avec les idées. Selon des informations récoltées par La Libre, les propositions socio-économiques du candidat des Républicains sont jugées peu crédibles par la droite belge francophone. De plus, son conservatisme sur les questions éthiques (comme le mariage pour tous) ne correspond pas aux idées des réformateurs belges. Aujourd’hui, les libéraux donneraient davantage leur préférence à Emmanuel Macron, fondateur du mouvement « En Marche ».

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Comme l’explique en effet le député fédéral Richard Miller (MR), le programme d’Emmanuel Macron aurait des accents libéraux qui seraient plus en accord avec sa ligne politique. « Nous y retrouvons les accents de libéralisme social que notre propre projet politique veut concrétiser » révèle-t-il à la RTBF.

Du côté des socio-démocrates, Catherine Fonck, députée fédérale du CDH, affiche clairement sur son compte Twitter son adhésion aux idées d’Emmanuel Macron.

Répercussions sur la Belgique

Quelque soit leur choix, tous les politiques belges s’accordent à dire que le résultat de cette élection aura un impact sur la zone euro et sur la Belgique. Après la sortie de la Grande-Bretagne, Donald Trump à la tête des États-Unis, de nombreux politiciens européens frémissent à l’idée d’une victoire de Marine Le Pen et du Frexit.

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