En 2019, un ministre sur cinq est une femme (et c’est une légère amélioration)

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Des membres du Parlement en grève le 8 mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes. | © EMMANUEL DUNAND / AFP

Politique

La place des femmes aux prises de décisions politiques continue d’augmenter, lentement, selon les données de l’ONU dévoilées en marde de la 63e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies à New York.

Une légère amélioration, mais pas encore suffisante. L’ONU vient de publier sa nouvelle « carte des femmes », qui établit le classement mondial des femmes dans les organes exécutifs et au parlement au 1er janvier 2019. Résultats : 20,7 % des ministres sont des femmes (812 sur 3922), ce qui représente 2,4 % de plus par rapport à 2017. Si c’est la part la plus élevée jamais observée, on est encore loin de la parité. L’Espagne arrive en première position avec 64,7% de femmes détenant un poste ministériel. La Belgique arrive à la 64e position avec 25% de femmes (3 sur 12), mais l’ONU semble avoir compter seulement les ministres fédéraux.

Selon l’Union interparlementaire et ONU Femmes, cette légère augmentation s’explique par le fait que « les domaines dont se saisissent les femmes se diversifient ». Selon leur classement, les trois premiers portefeuilles qu’elles détiennent sont les affaires sociales, la famille/enfance/jeunesse/personnes âgées/personnes handicapées et l’environnement/énergie. En dernières positions, on retrouve les affaires parlementaires, les médias et la population.

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Du côté des présidentes de parlement, on observe également une évolution : 19,7 %, soit 0,6 % supplémentaire. Pour les vice-présidentes, c’est encore mieux, augmentant de 1,6 % pour atteindre 28,2 %.

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© ONU

Moins de cheffes d’État et de gouvernement

Petit bémol : la représentation des femmes aux postes de décision au plus haut niveau a baissé. Sur les 153 chefs d’Etat élus, seuls 10 sont des femmes (6,6 % contre 7,2 % en 2017). Même chiffre de femmes parmi les 193 chefs de gouvernement, soit 5,2 % contre 5,7 % en 2017.

Malgré certaines tendances positives, l’écrasante majorité des chefs de gouvernement restent des hommes, commente l’UIP. Or, « une représentation égale aux postes gouvernementaux est fondamentale pour qu’une démocratie soit véritablement représentative et efficace », déclare la Président de l’organisation et parlementaire mexicaine, Gabriela Cuevas Barron, avant de poursuivre : « Faire évoluer la situation et garantir l’égalité des sexes à tous les niveaux politiques est une responsabilité partagée des hommes et des femmes. Il est important de déterminer quels sont les obstacles principaux qui empêchent les femmes d’accéder à des postes de responsabilité ».

L’égalité entre les sexes apporterait de nombreux avantages. Pour Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d’ONU-Femmes, « lorsque davantage de femmes participent à la vie politique, les décisions sont plus inclusives et la perception qu’a le public de ce à quoi ressemble un dirigeant peut changer ». « Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir, mais la croissance du nombre de femmes ministres est encourageante, en particulier lorsque nous constatons une augmentation du nombre de pays dotés de cabinets ministériels dont la composition respecte l’équilibre hommes-femmes. Voilà le genre de mesures audacieuses dont nous avons besoin si nous voulons accroître considérablement la participation des femmes aux prises de décisions », conclut-elle.

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