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Escalade des tensions avec la Turquie : Erdogan menace les Européens

Accusations de nazisme, menaces sur la sécurité des Européens : le président turc part en vrille | © Belga

Politique

Pour le président turc Recep Tayyip Erdogan, aucun Européen ne pourra plus « faire un pas dans la rue en sécurité » si l’Union européenne (UE) maintient son « attitude hostile » envers la Turquie.

« Je m’adresse une nouvelle fois aux Européens (…) La Turquie n’est pas un pays qu’on peut bousculer, dont on peut jouer avec l’honneur, dont on peut expulser les ministres » , a grondé M. Erdogan lors d’un discours à Ankara. « Le monde entier suit ce qu’il se passe de très près. Si vous continuez de vous comporter de cette manière, demain, aucun Européen, aucun occidental ne pourra plus faire un pas en sécurité, avec sérénité dans la rue, nulle part dans le monde » , a-t-il ajouté.

Haine accumulée

Ces déclarations surviennent alors que les relations entre la Turquie et l’UE se sont fortement tendues ces dernières semaines après l’interdiction de plusieurs meetings pro-Erdogan auxquels devaient participer des ministres turcs en Allemagne et aux Pays-Bas. Racisme et islamophobie, selon Erdogan. « Les Européens affichent quotidiennement la haine qu’ils ont accumulée pendant des années contre notre pays, contre notre nation et même contre les musulmans, sur les écrans de télé et dans les journaux. Si les Européens n’étaient pas marqués par la honte, ils remettraient en place des chambres à gaz » .

Lire : La situation s’envenime entre les Pays-Bas et la Turquie

Erdogan s’est attiré les foudres de l’Allemagne avec ses déclarations choc © Belga

L’Allemagne insultée

En réaction à l’escalade de la situation, les dirigeants turcs ont multiplié les invectives envers les capitales européennes. M. Erdogan a ainsi accusé la chancelière allemande Angela Merkel d’avoir recours à des « pratiques nazies », suscitant l’indignation de Berlin. « Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles, et j’ai fait savoir à mon homologue turc qu’une limite avait été franchie » , a déclaré le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse.

Opération séduction

Une situation tendue, qui pourrait bien faire le jeu d’Erdogan. Actuellement en campagne pour son référendum qui instaurerait une hyperprésidence et lui donnerait tous les pouvoirs, le président turc se sert de son bras de fer avec l’Europe pour s’attirer les faveurs des électeurs nationalistes.  Pour galvaniser les troupes, rien de tel qu’un ennemi commun, et avec les Pays-Bas, Erdogan s’en est trouvé un taillé sur mesure. Gare toutefois à ne pas aller trop loin : s’il continue à critiquer « l’esprit de fascisme débridé » qui sévit selon lui en Europe, Erdogan pourrait bien se retrouver dans une position périlleuse auprès de ses alliés.

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