Paris Match Belgique

Trump appelle l’immigration « une invasion », tout comme le terroriste de Christchurch

donald trump

Donald Trump, lors de la signature de son premier veto, le 15 mars. | © Nicholas Kamm / AFP

Politique

Quelques heures après les attaques meurtrières dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande, le président américain Donald Trump a signé le premier veto de son mandat pour financer le mur frontalier, appelant l’immigration « une invasion ». Tout comme le terroriste de Christchurch dans son manifeste.

Les mots comptent. Et le choix de certains est révélateur. Vendredi 15 mars, le locataire de la Maison Blanche a fait usage de son veto pour bloquer une motion sénatoriale visant à annuler sa déclaration d’urgence. « Le Congrès a la liberté de voter cette résolution et j’ai le devoir d’y opposer mon veto », a déclaré le président américain lors de la signature du premier veto de son mandat, entouré de représentants de la police des frontières et des proches de personnes tuées par des immigrants clandestins aux États-Unis. « Les gens n’aiment pas le mot invasion mais c’est bien de cela dont il s’agit », a-t-il ajouté en évoquant l’immigration clandestine qu’il tente de diminuer en construisant son mur frontalier.

Cela ressemble étrangement à la terminologie utilisée par le suspect principal des fusillades dans des mosquées en Nouvelle-Zélande pour expliquer pourquoi il a ouvert le feu sur des musulmans, tuant au moins 49 personnes. Dans son manifeste publié sur les réseaux sociaux, le terroriste australien, inculpé de meurtre, utilise à plusieurs reprises le terme « envahisseurs ». Il écrit notamment qu’il commettait ces crimes « pour montrer aux envahisseurs que nos terres ne seront jamais leurs terres ». À la question – qu’il se pose à lui-même – de savoir s’il a des remords, il dit n’en n’avoir aucun et même espérer pouvoir tuer « plus d’envahisseurs et de traitres ». Il explique même ne voir aucun mal à tuer des enfants, parce que « les enfants d’envahisseurs ne restent pas des enfants, ils deviennent des adultes qui se reproduisent et créent encore plus d’envahisseurs pour remplacer notre peuple. N’importe quel envahisseur que vous tuez est un ennemi de moins contre votre enfant ».

Lire aussi > L’obsession française du terroriste de Christchurch

Bien sûr, Donald Trump n’a pas utilisé ce langage pour justifier le meurtre de musulmans, de migrants ou qui que ce soit. En réalité, le président américain a exprimé « la douleur de sa nation toute entière suite aux attaques terroristes monstrueuses dans deux mosquées », condamnant « cet horrible massacre ».  Mais sa rhétorique envers les musulmans et les immigrés fait écho à certaines expressions diffusées fréquemment par les suprémacistes blancs, analyse Vox.

Sur la montée du nationalisme blanc

Lors d’une conférence de presse après la signature de son veto, le Républicain a dû répondre à quelques questions à propos des attaques meurtrières de Christchurch. L’un des journalistes a demandé au président s’il observait une montée du nationalisme extrémiste blanc. « Non, pas vraiment », a-t-il répondu, rapporte le Huffington Post, accusant « un petit groupe qui a de très, très sérieux problèmes ».

De nombreux médias ont déjà sous-entendu que sa rhétorique incendiaire pourrait contribuer à une augmentation des crimes haineux aux États-Unis et ailleurs. Dans son manifeste, le terroriste australien appelle à s’en prendre à Angela Merkel ou encore Recep Tayyip Erdoğan, mais dit apprécier Donald Trump comme le « symbole de l’identité blanche retrouvée », pas comme un « leader politique ».

CIM Internet