Rapport Mueller : Pourquoi Trump n’est pas tout à fait blanchi

Rapport Mueller : Pourquoi Trump n’est pas tout à fait blanchi

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Une victoire pour Donald Trump. | © AFP

Politique

Ce dimanche, le ministre de la Justice des États-Unis, William Barr, a rendu son résumé de l’enquête de Robert Mueller au sujet d’une collusion entre l’équipe de la campagne présidentielle de Donald Trump et la Russie. Verdict : pas de collusion mais une possible entrave à la justice. Détail que n’a pas l’air de prendre en compte le président américain pour qui tout semble réglé.

Ce que le président américain appelle depuis toujours la « chasse aux sorcières » pourrait bientôt toucher à sa fin, et pour cause : les premières conclusions de l’enquête de Robert Mueller au sujet d’une possible collusion entre les équipes de la campagne présidentielle de Donald Trump et la Russie sont sorties. Le procureur général des États-Unis a fait part de son résumé de l’enquête au Congrès. Et les premiers résultats annoncent noir sur blanc que Robert Mueller n’a pas trouvé de preuve de collusion. Mais si cela semble amplement satisfaire le président américain, il y a des risques que lui et ses partisans se réjouissent trop vite. En effet, le rapport a refusé de se prononcer sur une possible obstruction de la justice. Un fait qui se révelerait grave s’il était avéré mais qui « est un des crimes les plus difficiles à établir », explique Corentin Sellin, professeur d’histoire en CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) et observateur de la présidence Trump. « Il faut pouvoir démontrer qu’il y a une intention de corruption d’un processus judiciaire et qu’il y a, dans les actions menées, une relation directe avec une enquête en cours ».

« Pas de collusion, pas d’obstruction, complète et totale exonération. Gardez l’Amérique grande ! », écrivait Donald Trump sur Twitter dimanche. Pour lui, les conclusions du ministre de la Justice lui permettent de respirer et d’envisager la perspective de se représenter pour un second mandat en 2020, de manière beaucoup plus sereine. « C’est une honte que votre président ait eu à subir cela », a-t-il expliqué à la presse juste avant de reprendre l’avion.

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Dans son résumé de quatre pages, William Barr explique que rien ne prouve, dans l’enquête de Mueller, que « l’équipe de campagne Trump ou qui que ce soit associé à celle-ci se soit entendu ou coordonné avec la Russie dans ses efforts pour influencer l’élection présidentielle américaine de 2016 ». Si la collusion est définitivement oubliée, en ce qui concerne les soupçons d’entrave à la justice, le rapport ne donne pas encore de conclusions mais il n’est en tout cas pas écrit qu’il conclut à l’absence d’obstruction comme le clame Trump. « Tout en ne concluant pas que le président s’est rendu coupable d’un délit, ce rapport ne le disculpe pas pour autant », peut-on lire dans le rapport. Mais pour William Barr aucun délit ne serait susceptible d’entraîner des poursuites judiciaires d’après le Huffington Post.

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Les quatre pages du résumé. ©AFP

Du côté des Démocrates, le rapport est jugé insuffisant. « Le procureur spécial enquêtait dans un cadre restreint. Son travail avait une portée limitée et il était aux délits. Ce que le Congrès doit faire, c’est avoir une vue d’ensemble. Nous avons la responsabilité de protéger l’application de la loi », a souligné Jerry Nadler, le président démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, sur CNN. Les Démocrates exigent d’ailleurs que le rapport complet soit rendu public soulignant des « divergences très préoccupantes » dans le rapport Mueller.

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