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Le 25 mars 1957, le traité de Rome promettait la reconstruction européenne

En 1957, les six pays fondateurs de l'UE signaient | © Belga

Politique

Alors que l’Europe vit une crise identitaire, les dirigeants européens se retrouvent ce 25 mars, à Rome, pour célébrer les 60 ans du traité fondateur de l’Union européenne. Pourquoi, en 1957, les pays européens souhaitaient-ils un rapprochement ? Et pourquoi 60 ans plus tard, son existence est-elle alors compromise ? Focus sur l’acte de naissance de l’Union européenne.

25 mars 1957. Il pleut des cordes à Rome. Six pays, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Bénélux, sont réunis au Capitole pour signer le traité de Rome. L’idée est d’instaurer un marché économique commun. La France et l’Allemagne sont toutefois encore sceptiques. La naissance de l’Europe à six a été en quelque sorte aussi difficile et incertaine que l’est aujourd’hui sa sauvergarde à 27.

Conséquence de ces indécisions : cet accord est paraphé par les six pays membres avec de nombreuses pages blanches. Quelques jours plus tard, le document  de 248 pages est complété, et institue la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom).

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« Plus jamais ça » : la reconstruction européenne

Après la seconde guerre mondiale, le spectre de l’horreur plane encore sur le Vieux Continent. Fini l’Europe sens dessus dessous, les six pays fondateurs décident de s’allier. En 1950,Robert Schuman propose la mise en commun de deux ressources précieuses : le charbon et l’acier.

Après l’échec de la Communauté européenne de Défense (CED), rejetée par les parlements français et italien, la construction européenne est au point mort. Pour les « pères fondateurs », une issue se profile : renforcer les liens économiques entre les États. Les objectifs du traité de Rome sont alors d’établir un marché commun, permettant la libre circulation des marchandises, et surtout de préserver la paix. Des règles communes sont mises en place, comme une union douanière et une politique commerciale commune.

D’autres idées étaient prévues : la libre-circulation des personnes et des capitaux, par exemple, ou encore une politique des transports. Mais, il faudra attendre les années 1980 pour la mise en exécution des ces projets.

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Paul- Henri Spaak, le « Monsieur Europe » belge

Paul Henri Spaak a été une figure prédominante de la rédaction du traité de Rome. Lors d’une conférence de 1955, il avait d’ailleurs été nommé président du comité chargé de la mise au point du traité par les six États membres.

Spaak estimait que la création de liens contractuels contraignants entre les pays était le moyen le plus efficace de garantir la paix et la stabilité. Le ministre belge des Affaires étrangères avait déclaré après les paraphes des signataires du traité : « Là où il y a volonté politique, il n’y a pas de difficultés techniques insurmontables. Là où il n’y a pas de volonté politique, chaque difficulté technique devient un prétexte pour faire échouer les négociations »

Un sombre anniversaire

Soixante ans plus tard, ils sont 27 à souffler les bougies de ce texte fondateur. Mais l’heure n’est pas à la fête. L’Union européenne traverse une véritable tempête avec la crise économique, la vague migratoire, la montée du populisme, ou encore le Brexit. Le Royaume-Uni lancera d’ailleurs, le 29 mars, sa procédure de divorce de la zone européenne. Cette victoire du « oui » britannique avait lancé un signal d’alerte, celui de repenser de l’Europe. Pour sauver l’Union européenne de la noyade, Jean-Claude Juncker a sorti un « livre blanc » pour explorer différentes pistes comme celle d’une Europe « à plusieurs vitesses ». Appuyé par Paris et Berlin, ce projet désigne une construction européenne dans laquelle tous les Etats membres ne participent pas à l’ensemble des politiques communes. Mais cette Europe à différentes allures ne satisfait pas certains Pays de l’Est, tels que la Pologne, qui ont d’ailleurs déclaré ne pas vouloir signer la déclaration commune pour les soixante ans du traité de Rome. Déclaration visant à convaincre que l’Europe reste la meilleure réponse pour l’avenir.

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