« On peut pardonner la Shoah » : La remarque de Bolsonaro provoque l’ire d’Israël

« On peut pardonner la Shoah » : La remarque de Bolsonaro provoque l’ire d’Israël

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Jair Bolsonaro, le 9 avril 2019, à Brasilia. | © EVARISTO SA / AFP

Politique

Le président israélien Reuven Rivlin a condamné la remarque de son homologue brésilien Jair Bolsonaro, qui estime que « l’on peut pardonner, mais pas oublier » la Shoah.

Jair Bolsonaro a encore dérapé. Après ses propos misogynes, racistes ou anti-LGBT, le président brésilien d’extrême-droite a provoqué une nouvelle polémique après ses propos sur la Shoah. Jeudi dernier, à Rio de Janeiro, l’ancien capitaine de l’armée a déclaré lors d’une rencontre avec des pasteurs évangéliques que « nous pouvions pardonner, mais pas oublier » cet évenement sombre de l’histoire, au cours duquel plusieurs millions de Juifs ont perdu la vie.

Ses propos ont provoqué l’ire d’Israël, alors que le Brésilien tente de se rapprocher de l’Etat hébreu depuis son élection en octobre dernier. Samedi, le musée du mémorial de la Shoah israélien Yad Vashem a dénoncé a vivement dénoncé la remarque de Bolsonaro. « Il ne revient à personne de déterminer si les crimes de la Shoah peuvent être pardonnés », a-t-il déclaré dans un communiqué, avant d’être imité par le président israélien Reuven Rivlin. « Nous nous opposerons toujours à ceux qui nient la vérité ou souhaitent effacer notre mémoire, qu’il s’agisse d’individus, de groupes, de chefs de partis ou de premiers ministres« , a-t-il réagi sur Twitter dans une publication repérée par Le Monde. « Le peuple juif combattra toujours l’antisémitisme et la xénophobie. Les dirigeants politiques doivent dessiner le futur. Les historiens décrivent le passé (…). Aucun des deux ne devrait s’égarer sur le territoire de l’autre. » D’autres personnalités et organisations ont critiqué le président brésilien. Seul l’ambassadeur israélien au Brésil a pris la défense de ce dernier, selon le Times of Israelestimant que « ses mots ont clairement établi son rejet total du plus grand génocide de l’histoire qu’a été la Shoah. À aucun moment de son discours, le président n’a montré un manque de respect ou une indifférence face aux souffrances des Juifs. »

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Menahem KAHANA / POOL / AFP

Pas d’excuses

En réponse à cet émoi déclenché, Jair Bolsonaro a écrit une lettre adressée au peuple juif. « Celui qui oublie son passé est condamné à ne pas avoir d’avenir », répète-t-il en rappelant le mot laissé sur le livre du mémorial de la Shoah lors de sa visite à Jérusalem en avril dernier. Selon le journal français, sans s’excuser, le chef d’Etat se dédouane et attribue le trouble à de prétendues mauvaises intentions venant de ses ennemis, « ceux qui veulent m’éloigner de mes amis juifs ».

Le 2 avril, Bolsonaro s’était rendu au mémorial de la Shoah de Jérusalem aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Lors de cette visite, il a conforté son ministre des Affaires étrangères, Ernesto Araujoque, affirmant que le nazisme était une idéologie de gauche. « Il n’y a pas de doute là-dessus, n’est-ce pas ? »

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