Menacée de mort, l’élue musulmane Ilhan Omar accuse Donald Trump d’incitation à la haine

Menacée de mort, l’élue musulmane Ilhan Omar accuse Donald Trump d’incitation à la haine

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ILhan Omar, le 15 mars 2019 à Washington. | © Brendan Smialowski / AFP

Politique

L’élue américaine Ilhan Omar a affirmé recevoir des menaces de mort depuis que le président Donald Trump a posté vendredi passé une vidéo sur Twitter l’accusant de minimiser les attentats du 11 septembre 2001 à New York. La Maison Blanche le défend.

 

« Depuis le tweet du président, j’ai reçu plus de menaces de mort directes – la plupart faisant explicitement référence ou répondant à la vidéo » du locataire de la Maison Blanche, a ainsi écrit l’élue musulmane au Congrès Ilhan Omar sur Twitter. « Les crimes violents et autres actes de haine commis par des extrémistes de droite et des suprémacistes blancs sont en augmentation dans ce pays et dans le monde. Nous ne pouvons plus ignorer qu’ils sont encouragés par celui qui occupe le bureau le plus puissant du pays », a-t-elle poursuivi, avant de conclure : « la violente rhétorique et toute forme de discours haineux n’ont pas de place dans notre société, encore moins de la bouche du commandant en chef de notre pays. Nous sommes tous Américains. Cela met des vies en danger. Cela doit cesser ».

Vendredi, Donald Trump a publié une vidéo reprenant une partie d’un discours de la représentante du Minnesota à la Chambre, hors contexte, et les mêlant à des images des tours jumelles en feu. « NOUS N’OUBLIERONS JAMAIS ! », avait-il écrit en commentaire. Ce discours, Ilhan Omar l’a prononcé en mars dernier, quelques jours après les attentats de Christchurch Nouvelle-Zélande, au Conseil des Relations Américano-Islamiques (CAIR), fondé en 1994, soit bien avant les attentats du 11 septembre, comme l’élue a pu l’indiquer. Selon son porte-parole, elle s’est mal exprimée et voulait dire que l’organisation avait vu ses effectifs doubler après ce tragique événement, souligne le Washington Post.

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Mais c’est surtout l’appelation « certaines personnes ont fait quelque chose » que le président des États-Unis n’a pas appréciée, l’accusant de minimiser les attentats les plus meurtriers jamais perpétrés sur le sol américain. Bien sûr, en reprenant 19 secondes d’un discours d’une vingtaine de minutes, les paroles d’Ilhan Omar peuvent être mal interprétées. La réfugiée somalienne profitait de ce passage au CAIR pour évoquer l’islamophobie et a discrimination dont sont victimes les musulmans aux États-Unis. L’entiereté du discours peut être entendu dans cette vidéo. Ses propos rappellent ceux de George W. Bush après le 11 septembre. « Je vous entends ! Le reste du monde vous entend ! Et les gens – les gens qui ont renversé ces bâtiments vont bientôt nous entendre tous », avait déclaré le président de l’époque le 14 septembre aux secouristes présents sur le Ground Zero. « Bush minimisait-il l’attaque terroriste ? Et s’il était musulman ? » questionne Ilhan Omar sur Twitter.

Après cette vidéo polémique, des élus démocrates, dont les candidats à la présidentielle Bernie Sanders et Elizabeth Warren, ont vivement réagi, accusant le milliardaire d’incitation à la haine et à la violence. La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a en outre demandé à ce que les mesures de sécurité autour d’Ilhan Omar, de sa famille et de son équipe soient renforcées. « La rhétorique incendiaire et haineuse du président crée un réel danger, M. Trump doit retirer sa vidéo irrespectueuse et dangereuse », a-t-elle également déclaré.

La Maison Blanche défend le président

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a rétorqué sur la chaîne Fox News que Donald Trump « n’essayait pas d’inciter à la violence contre quiconque ». « Le président ne souhaite assurément aucun mal ni aucune violence contre personne, mais (il) doit absolument rappeler à l’ordre la membre du Congrès pour, non pas un seul, mais de nombreux commentaires antisémites », a-t-elle justifié sur ABC. Sarah Sanders semblait faire ici référence à une autre polémique impliquant l’une des deux premières femmes musulmanes au Congrès après de récents commentaires sur Israël jugés antisémites par de nombreux élus, y compris dans le camp démocrate.

« Personne – aussi corrompue, inepte ou vicieuse soit-il – ne peut menacer mon amour inconditionnel pour l’Amérique. Je ne suis pas découragée de continuer à lutter pour l’égalité des chances dans notre quête du bonheur pour tous les Américains », a déclaré Ilhan Omar sur Twitter. « Merci de me soutenir – contre une administration qui cherche à bannir les musulmans de notre pays – dans le combat pour l’Amérique que nous méritons tous ».

Avec Belga

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