Notre-Dame : La Maison Blanche propose son aide (et les Américains sont furieux)

Notre-Dame : La Maison Blanche propose son aide (et les Américains sont furieux)

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La cathédrale Notre-Dame de Paris, le 17 avril, soit deux jours après l'incendie. | © Thomas SAMSON / AFP

Politique

Alors que la barre du milliard de dons se rapproche, la Maison Blanche a elle aussi voulu apporter son aide pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ravagée par un incendie. Face à cette proposition, de nombreux Américains ont eu la même réaction.

 

Après avoir conseillé d’utiliser des Canadairs pour éteindre l’incendie qui dévorait lundi la cathédrale Notre-Dame de Paris – une mauvaise idée -, l’ex-magnat de l’immobilier Donald Trump a adressé mardi ses « condoléances » à son homologue français Emmanuel Macron, selon un communiqué de la Maison Blanche, publié sur Twitter par la journaliste de CNN Kaitlan Collins. « Les États-Unis se tiennent aux côtés des citoyens français, de la ville de Paris et des millions de visiteurs du monde entier qui ont cherché du réconfort dans cet édifice emblématique », a affirmé la porte-parole de l’exécutif américain Sarah Sanders via ce communiqué, avant de poursuivre : « Notre-Dame continuera d’être un symbole de la France, y compris de sa liberté de religion et de sa démocratie ».

Dans la nuit de lundi à mardi, le président français a annoncé que le monument historique le plus visité d’Europe sera reconstruit. En moins de 48 heures, les promesses de dons sont proches des 850 millions d’euros, grâce à la générosité de milliers d’anonymes, mais surtout des grandes entreprises et fortunes françaises. À elles seules, elles pèsent plus de la moitié des dons : 200 millions du numéro un mondial du luxe LVMH et de la famille Arnault, même somme de la part de Bettencourt, 100 millions de la famille Pinault ainsi qu’un « don spécial » de 100 millions de la part de Total. Une générosité rapide et colossale qui est vue d’un mauvais oeil par certains. Plusieurs partis ont dénoncé mercredi une « opération de communication », alors que sur les réseaux sociaux de nombreux citoyens, touchés par cette tragédie culturelle, se disent que cet argent aurait pu être utilisé ailleurs. Lutter contre le réchauffement climatique, soutenir la recherche contre le cancer, mettre fin à la pauvreté… Les causes ne manquent pas.

Pendant que d’autres défendent que chacun est libre de dépenser son argent comme il le souhaite, un autre soutien de taille est venu s’ajouter mardi : l’administration Trump. Dans son communiqué, la Maison Blanche conclut : « Ces cloches sonneront de nouveau. Nous nous tenons aux côtés de la France aujourd’hui et proposons notre aide pour la réhabilitation de ce symbole irremplaçable de la civilisation occidentale. Vive la France ! »

Et Porto Rico ?

Si la nature de cette aide n’est pas précisée, cette annonce n’a pas plu à de nombreux citoyens américains, qui suggèrent à leur président de s’occuper en premier lieu des problèmes de son propre pays. Parmi les tweets, trois situations reviennent fréquemment : la crise sanitaire de Flint, dans le Michigan, dont le réseau d’eau potable a été durablement contaminé au plomb, le manque d’aide à Porto Rico dévasté par l’ouragan Maria en 2017 ainsi que les trois églises de Louisiane, ravagées récemment par un incendie volontaire. Mardi 16 avril, l’auteur présumé a d’ailleurs été accusé de crimes de haine, les églises accueillant majoritairement des citoyens afro-américains.

L’élan de solidarité sans précédent provoqué par l’incendie de Notre-Dame a même inspiré d’autres personnes à récolter de l’argent pour ces trois autres lieux sacrés. Partagée sur Twitter par Hillary Clinton, la collecte de fonds dépasse aujourd’hui le million de dollars.

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