Ce que contient le rapport Mueller sur Trump et la Russie

Ce que contient le rapport Mueller sur Trump et la Russie

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Donald Trump, le 18 avril 2019. | © Olivier Douliery/ABACAPRESS.COM

Politique

Très attendu, le rapport du procureur spécial Robert Mueller a été publié ce jeudi sous une forme partiellement censurée. Il détaille les conclusions d’une vaste enquête sur l’élection présidentielle de 2016. Voici quelques éléments de ce document de près de 450 pages.

 

Donald Trump avait crié victoire dès la publication d’un résumé du rapport Mueller par son ministre de la Justice. Jeudi, le président des États-Unis n’a pas changé d’attitude à la publication de ce document de 448 pages qui détaille l’attaque que la Russie a menée contre l’élection présidentielle de 2016 et étudie en profondeur les relations entre la campagne du milliardaire et Moscou. Les éléments de cette enquête au long cours n’ont pas permis au procureur spécial Robert Mueller de réclamer de nouvelles poursuites contre Donald Trump ou ses affidés. Mais le récit des relations entre le camp Trump et la Russie, tout comme les faits susceptibles de relever de l’entrave à la justice, pourraient s’avérer embarrassants dans les prochains jours.

« Je suis foutu ». Lorsque le procureur spécial Robert Mueller a été nommé en mai 2017 pour enquêter sur une possible collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de Donald Trump, ce dernier a réagi en se disant « foutu », selon le rapport sur l’enquête russe rendu public jeudi. « Oh mon Dieu. C’est terrible. C’est la fin de ma présidence. Je suis foutu », a réagi le président américain dans le Bureau ovale de la Maison Blanche le 17 mai 2017, quand son ministre de la Justice de l’époque, Jeff Sessions, lui a appris la nomination du procureur spécial. Donald Trump « s’est écroulé dans son fauteuil », précise le rapport du procureur Mueller, qui s’appuie ici sur des notes prises par le directeur de cabinet de Jeff Sessions. Le président s’en est ensuite pris à Jeff Sessions, lui reprochant, avec colère, de ne pas l’avoir « protégé ». « Comment t’as pu laisser faire ça Jeff ? », a demandé Donald Trump. « Tout le monde me dit que si vous avez un de ces procureurs spéciaux, ça vous gâche la présidence. Ça prend des années et des années, je ne pourrai rien faire. C’est la pire chose qui me soit arrivée. » Jusqu’à son limogeage en novembre 2018, Donald Trump n’a cessé de reprocher à son ministre de la Justice de s’être récusé de l’enquête russe. C’est son adjoint, Rod Rosenstein, qui était chargé de la superviser. 

Trump voulait faire accuser Mueller de conflit d’intérêt

Des conseillers qui refusent les ordres. Toujours selon le rapport, en juin 2017, le président américain a « ordonné » au chef des services juridiques de la Maison Blanche, Don McGahn, d’accuser Robert Mueller de « conflits d’intérêts » et de demander « sa révocation ». Don McGahn a refusé de s’y plier, écrit le procureur spécial dans son rapport.

L’espoir (déçu) d’une collusion avec Moscou. Des membres de l’entourage de Donald Trump ont rencontré des Russes le 9 juin 2016 dans l’espoir qu’ils « aident » sa campagne. « La campagne s’attendait à recevoir des informations de la Russie qui pourrait aider le candidat Trump dans son entreprise électorale », écrit le procureur spécial. Mais leurs interlocuteurs russes « n’ont pas fourni de telles informations », ajoute-t-il.

Trump pas exonéré sur l’entrave à la justice. Robert Mueller a indiqué ne pas être « en mesure » d’exonérer le président américain Donald Trump des soupçons d’entrave à la justice. « Si nous étions sûrs, après une enquête rigoureuse, que le président n’a clairement pas commis d’entrave à la justice, nous le dirions. Sur la base des faits et des standards légaux applicables, nous ne sommes pas en mesure de prononcer ce jugement », a écrit le procureur Mueller.

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