Mexique : Pourquoi la crise migratoire s’intensifie au sud du pays

Mexique : Pourquoi la crise migratoire s’intensifie au sud du pays

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Des migrants centraméricains circulent dans la région de Chiapas. | © PEP COMPANYS / AFP

Politique

Alors que des milliers de migrants restent bloqués au nord, en direction des États-Unis, le Mexique voit le nombre de migrants augmenter au sud du pays. La conséquence du volte-face du gouvernement mexicain à propos de sa politique d’ouverture.

Le Mexique est pris en tenaille dans une double crise migratoire. Au nord, des milliers de Centraméricains parvenus à la frontière doivent patienter pour demander l’asile aux États-Unis. Le désespoir pousse certains à traverser illégalement. Au sud, la situation s’aggrave depuis que les autorités mexicaines ne délivrent plus des visas humanitaires aux migrants centraméricains. Depuis plusieurs semaines, le Mexique a changé son fusil d’épaule. Désormais, les autorités proposent aux migrants qui entrent au Mexique un visa humanitaire d’un an limité aux seuls États du sud du pays. Bloqués, ils sont des milliers à attendre un permis pour traverser le pays. S’ils progressent vers le nord, les migrants détenteurs de ce nouveau visa s’exposent désormais à une expulsion du territoire mexicain.

Le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador veut limiter le flux de migrants traversant son pays, afin notamment de garantir leur sécurité. « Nous ne voulons pas qu’ils aient le champ libre, non seulement pour des raisons juridiques mais aussi pour des raisons de sécurité », a-t-il affirmé lors de sa conférence de presse quotidienne. « Malheureusement dans le nord nous avons eu des problèmes d’assassinats de migrants par le passé et nous ne voulons pas de cela, la violence est plus grande au nord et nous préférons prendre en charge cette population d’Amérique centrale dans le sud », a-t-il fait valoir.

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Avec la violence au nord et les menaces du président américain Trump de fermer cette frontière, le Mexique tente de contenir les caravanes de migrants au sud du pays. Dans la région du Chiapas, à la frontière avec le Guatemala, s’improvisent des campements pour les milliers de nouveaux arrivants. Des Cubains, des Haïtiens et des Africains côtoient désormais les Centraméricains, espérant bénéficier eux aussi de cette politique d’ouverture.

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À Mapastepec, dans la région de Chiapas, des policiers empêchent les migrants de quitter le refuge. © PEP COMPANYS / AFP

Politique migratoire inchangée

Andres Manuel Lopez Obrador a assuré que la politique migratoire du gouvernement n’avait pas changé malgré l’interpellation lundi de 367 migrants d’Amérique centrale, majoritairement Honduriens, dans l’État du Chiapas (sud). « Il n’y a pas de contradiction, nous avons agi avec beaucoup de respect envers les migrants, et nous allons continuer à respecter leurs droits humains », a assuré le président mexicain.

Ces interpellations sont intervenues après une « agression » lundi contre des agents migratoires lors d’un contrôle d’une caravane de 3 000 migrants dans la localité de Pijijiapan, selon l’Institut national de migration. Un témoin affirme que les agents auraient essuyé des jets de pierre au moment de leur intervention.

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Interrogé sur les pressions exercées par le président Donald Trump pour faire stopper ce flux migratoire, Lopez Obrador a demandé à ce que les États-Unis aident à lutter contre ces flux migratoires en finançant le développement économique en Amérique centrale. « Avec respect, nous demandons à ce que le problème soit affronté par le développement, la création d’emplois, ce qui n’a pas encore été fait », a-t-il regretté.

Depuis octobre, plusieurs milliers de migrants centraméricains organisés en caravanes ont traversé le Mexique dans l’espoir d’entrer aux États-Unis.

Avec Belga

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