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Elections 2019 : la Belgique toujours plus scindée politiquement…

Un séisme électoral en préparation ? On assiste, en tout, cas à un resserrement des intentions de vote partout en Belgique. | © BELGA PHOTO MAXIME ASSELBERGHS

Politique

Dans le dernier baromètre politique réalisé par nos confrères de La Libre Belgique à un mois à peine des élections fédérales et régionales, notre pays semble de plus en plus divisé en terme d’intentions de vote. Et la composition des futures majorités promet d’être tout sauf une partie de plaisir… Décryptage en 5 points !

 

Par L.Dp

 

  1. 1. La poussée verte se confirme

Elle était attendue vu les mouvements qui animent la société depuis plusieurs mois dans la défense de l’environnement et pour pousser le gouvernement à agir et adopter des solutions efficaces. Si les élections avaient lieu aujourd’hui, Ecolo serait le parti le plus important à Bruxelles (+11%) et le deuxième en Wallonie (+13,8%), ressort-il de ce baromètre politique publié par La Libre, De Standaard, la RTBF et la VRT sur les intentions de vote.

Un phénomène qui se concrétise aussi au niveau du top 10 des personnalités « préférées » à Bruxelles. Zakia Khattabi, co-présidente d’Ecolo, intègre ce classement. Là où, Jean-Marc Nollet, termine le podium pour la Wallonie. Les Ecolos profitent encore de la vague verte des élections communales d’octobre 2018. Ils entrent clairement en concurrence avec le MR en Wallonie. La CDH sombre un peu plus (-4,7%) quant à lui.

Un phénomène qui touche aussi la Flandre. Groen connaît ainsi une hausse de 6% des intentions de vote par rapport aux résultats des élections de 2014. Ce qui fait des verts flamands le 3e parti de Flandre à 14,6%, soit 0,1% de moins que le CD&V…

2. La NV-A toujours aussi incontournable

« La Flandre vote à droite et la Wallonie à gauche… » Est-ce une déclaration à chaud de Bart De Wever sur ce dernier baromètre ? Non, c’est un constat assez implacable. En cumulant les forces vives de gauche en Flandre, où le sp.a se racrapote toujours un peu plus (12,7%), on arrive à un total en-dessous des 20%. La NV-A, en recul de 4,5% par rapport à 2014, n’en reste pas moins le plus gros parti avec 27,9%. Soit 13,2% de plus que son poursuivant le plus direct le CD&V qui est à 14,7%.

Le parti de Bart De Wever, qui a fait de Jan Jambon un candidat déclaré pour le poste de premier ministre d’un gouvernement fédéral à construire, est déjà incontournable au niveau régional. Et au niveau fédéral ? Il y a peu de chance qu’on refasse le coup de 2009 en se passant de la N-VA… À toujours près de 30% d’intention de vote, le parti nationaliste flamand fera (très) probablement partie d’un gouvernement national et en donnera même le La

3. Le PS encaisse mais reste debout

Malgré sa diminution de 7,3% le parti socialiste francophone se maintient à la tête de la Wallonie avec 24,7% dans un paysage fragmenté avec Ecolo (22%), le MR (18,3%) et le PTB (14,8%). Ce dernier parti connaissant une hausse de plus de 9%. En calculant le total de la gauche en Wallonie, on obtient une majorité. Pas hyper confortable, mais une majorité importante quand même à 61,5%.

A Bruxelles, les socialistes (19%) pourraient être obligés d’abandonner la poste de ministre-fédéral à Ecolo (21,5%) ! Désormais second parti de la région bruxelloise, le PS semble payer le lourd tribut du scandale du Samusocial dans la capitale. Salvateur ?

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4. Les libéraux francophones payent le prix du pouvoir

Jobs, jobs, jobs… Il faudra peut-être en trouver à une série de parlementaires libéraux qui ne seraient le cas échéant pas réélus le 26 mai prochain. Après avoir été l’unique partenaire francophone d’une majorité suédoise au programme libéral bien ancré, le parti de Charles Michel souffle plutôt le froid à un mois des élections. Alors qu’il était assez populaire en Flandre, le travail de sape de la NV-A a fonctionné après la chute du gouvernement sur la signature de Casablanca.

Charles Michel recule de cinq places au baromètre des personnalités. Dur ! Et son parti ? Deux diminutions quasi similaires en Wallonie (-7,5) et à Bruxelles (-7,6%). Dans les deux régions, le MR se place en troisième position. Mal à l’aise et agressif sur le volet environnement qui est un gros débat de cette campagne, les libéraux francophones vont sans doute tabler sur d’autres aspects. Sur leur bilan économique, la création d’emplois et leur courage d’avoir gouverné au niveau fédéral avec un parti ouvertement nationaliste et premier de classe en Flandre…

En règle générale, il n’est pas exagéré de dire que la droite s’effondre en pays francophone.

5. Coalitions ? C’est parti pour la gloire…

Si pas mal de possibilités existent, si l’on s’en tient à cette photographie à un mois des élections, dans chaque région et au fédéral, cela semble néanmoins prendre la direction d’un grand flou général… Comme le note nos confrères de La Libre Belgique, il y a un tel resserrement dans les intentions de vote qu’il va falloir créer des larges majorités pour permettre à celle-ci d’avoir une vie parlementaire un peu riche. Jamaïcaine, suédoise, olivier, arc-en-ciel, « majorité FGTB »… L’été sera chaud. Le jeu est ouvert ainsi que les paris. Mais, il reste un détail, et non des moindres, aller voter !

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