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Comment les États-Unis ont sapé une résolution de l’ONU contre les violences sexuelles comme arme de guerre

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Donald Trump aux Nations Unies en septembre 2018. | © Don EMMERT / AFP

Politique

Par crainte de l’avortement, les États-Unis ont amputé une résolution de l’ONU contre les violences sexuelles dans les conflits armés. 

Les femmes tombant enceintes après un viol en temps de guerre n’auront plus le choix d’interrompre leur grossesse. Les 25 ans de droits acquis au sein de l’Organisation des Nations Unies en faveur des droits des femmes dans des situations de conflits armés ont été effacés. Derrière ce gommage des mentions dans le texte relatives aux femmes tombant enceintes après un viol, on retrouve la Chine, la Russie et les États-Unis.

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Les trois pays ont sapé la résolution sur les violences sexuelles à l’ONU par peur de l’avortement. La résolution présentée par l’Allemagne devait pourtant mieux punir les violences sexuelles contre les femmes lors des conflits armés. Mais le texte a été vidé de sa substance, les États-Unis ayant agité la menace du veto au sein du Conseil de sécurité.

Au cœur du débat se trouve la notion de  « santé sexuelle et reproductive des femmes », qui peut s’entendre comme une reconnaissance de l’avortement. Washington a menacé de bloquer la résolution si la clause -qui ferait ainsi la promotion de l’IVG- n’était pas supprimée. L’administration Trump a finalement gagné puisque les allusions à l’avortement ont été retirées de la résolution.

Un pas en arrière

Face à l’amputation d’une partie du texte censé intensifier la protection des femmes victimes de violences sexuelles lors des conflits, les protestations publiques ne se sont pas fait attendre. François Delattre, l’ambassadeur de France auprès du Conseil de sécurité, explique être consterné « par le fait qu’un Etat ait exigé le retrait de la référence à la santé sexuelle et reproductive pourtant agréée » dans de précédentes résolutions en 2009 et 2013.

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Pour le diplomate, « il est intolérable et incompréhensible que le Conseil de sécurité soit incapable de reconnaître que les femmes et les filles qui ont subi des violences sexuelles en temps de conflit, et qui n’ont évidemment pas choisi d’être enceintes, ont le droit d’avoir le choix d’interrompre leur grossesse. » 

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De son côté, Human Rights Watch déplore que « l’obsession de l’administration Trump de vouloir contrôler les femmes compromet tous nos droits humains. » Alors que plusieurs rapports de l’organisation des droits de l’homme démontrent que les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre, le corps des femmes reste un champ de bataille(s).

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