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Jean-Luc Mélenchon dépasse Hamon et séduit les écœurés de la politique

Jean-Luc Mélenchon ce dimanche 26 mars à Rennes, devant une salle comble. | © AFP PHOTO / FRED TANNEAU

Politique

À moins d’un mois du premier tour, Jean-Luc Mélenchon est en train de marquer des points. Il remplit les salles et monte dans les sondages. Analyse.

 

Jean-Luc Mélenchon arrive en forme au bon moment. Ses meetings font un tabac. Il a réussi son débat sur TF1. Il marque des points dans les sondages. Il se passe comme un moment de bascule pour le député européen qui est en train de réussir son premier pari : celui de dépasser le candidat socialiste qui pointe désormais derrière Jean-Luc Mélenchon. La dynamique est de son côté.

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Benoît Hamon de son côté peine à se faire entendre. Et bien qu’en tête dans les enquêtes d’opinion, ça patine pour Emmanuel Macron. L’ancien ministre est moins flamboyant sur le terrain et ses réunions ne font plus plein : il n’a pas rempli le Zénith à Dijon et il a carrément fait un flop samedi à La Réunion.

L’expérience de 2012

Bien sûr, les chances de Jean-Luc Mélenchon de se qualifier pour le second tour reste très minces. Il talonne toutefois François Fillon et a dépassé Benoît Hamon. Le député européen engrange les déçus de la gauche mais aussi les écœurés de la politique. Un parti qui grossit à vue d’œil.

©AFP PHOTO / FRED TANNEAU – Jean-Luc Mélenchon à Rennes.

Jean-Luc Mélenchon a en fait tiré les leçons de son échec de 2012. Il a d’abord rompu avec les partis : le sien, celui du Front de gauche, le PC aussi dont il malmène les dirigeants. Sa posture de candidat en guerre contre les appareils politiques paie et fait la différence avec Benoît Hamon englué avec le PS.

Résultat pour l’instant : il attire des déçus de Hollande qui préfèrent la rupture façon Mélenchon plutôt que le vote utile Macron.

Hamon dans un étau

Le candidat socialiste est pris en étau entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Il y a un candidat de gauche de trop dans cette campagne. Benoît Hamon a beau dénoncer les « coups de couteau dans le dos » de la part de ses amis socialistes, rien n’y fait.

©AFP PHOTO / Lionel BONAVENTURE – Certains citoyens aimeraient voir Hamon et Mélenchon porter une candidature commune.

Le vainqueur de la primaire de gauche se débat contre ce « vote utile ». Mais il est en train de payer au prix fort son choix de fronder contre François Hollande pendant le quinquennat. Et surtout son incapacité à apparaître comme un candidat crédible pour l’emporter.

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À moins d’un mois du premier tour, le président sortant fait tout en sous-main pour voir Emmanuel Macron lui succéder le 7 mai.

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