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Que trouve-t-on dans le programme de Benoît Hamon ?

Le candidat socialiste à la présidentielle française, Benoît Hamon. | © PHOTOPQR/LE PARISIEN/Frédéric Dugit Politique

Politique

Revenu universel, accueil des réfugiés et environnement : Paris Match a parcouru le programme de Benoît Hamon pour en souligner quelques points-clefs.

 

Mettre en place le revenu universel, et revaloriser le Smic et les minimas sociaux de 10%

La mesure-phare de Benoît Hamon est bien sûr la mise en place du revenu universel d’existence (RUE). Celui-ci sera appliqué en 2018 dans sa formule a minima, réservée aux actifs, ouvriers, employés, indépendants et étudiants dont les revenus sont inférieurs à 2 200 euros net. Dans le détail, le RSA sera augmenté de 10%, à hauteur de 600 euros, et versé automatiquement (et non plus sur demande) à tous les ayant-droits. Un revenu d’existence sera versé à tous les jeunes de 18 à 25 ans, sans condition de ressources.

Capture d’écran du programme de Benoît Hamon, 27.03.2017 © Marine Jeannin
Dans un second temps, ce revenu universel devrait être généralisé à l’ensemble des Français, et porté à 750 euros. En complément du RUE, Benoît Hamon prévoit d’augmenter le Smic (salaire minimum légal), les minima sociaux à hauteur de 10% et le point d’indice de la fonction publique.

Développer l’économie sociale et solidaire

Toujours sur le plan économique, Benoît Hamon propose un « acte II » de l’économie sociale et solidaire (ESS), qu’il prévoit de porter à 20% du PIB (le double de sa part actuelle) d’ici 2025. Il était déjà à l’initiative de l’acte I de l’ESS en 2014, alors qu’il était ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation. Adoptée en juillet 2014, sa loi définit pour la première fois le paramètre de l’ESS et y intègre l’entrepreneuriat social.

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Pour rappel, l’ESS désigne selon le site du gouvernement, « les entreprises qui cherchent à concilier activité économique et utilité sociale ». Selon Fanélie Carrey-Conte, députée rapporteur de la loi de 2014 et membre de l’équipe de campagne de Benoît Hamon, l’ESS permettrait de créer des emplois « durables et non délocalisables sans attendre le retour de la croissance », mais aussi de redynamiser les territoires en difficulté. À terme, l’objectif est de mettre en place un « Pacte d’intérêt général » entre l’État, les collectivités, l’ESS pour atteindre « zéro chômeur » de très longue durée et « zéro grande pauvreté » d’ici 2025.

L’interdiction des perturbateurs endocriniens

C’est une lutte qui lui est propre : « J’interdirai immédiatement les pesticides dangereux et les perturbateurs endocriniens pour prévenir les effets nocifs de ces substances sur la santé de nos enfants et de nos concitoyen.ne.s. », promet Benoît Hamon sur son site de campagne. « J’appliquerai le principe de précaution : je retirerai les autorisations de tous les pesticides dangereux et j’interdirai l’importation des denrées alimentaires utilisant une substance interdite en France. Au niveau européen, nous labelliserons les pesticides pour conditionner les subventions de la PAC au respect de hautes exigences en la matière ».

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La partie est loin d’être gagnée : pour l’instant, seul le bisphénol A est interdit en France. Benoît Hamon devra composer avec les lobbies industriels et les réticences des syndicats agricoles majoritaires, qui voient dans cette interdiction un risque pour leur chiffre d’affaire.

Environnement : sortir du diesel et atteindre 50 % d’énergie renouvelable

L’écologie est au cœur du programme de Benoît Hamon – une première pour un candidat socialiste. Parmi ses principaux objectifs, il projette notamment la sortie du diesel à l’horizon 2025 afin de limiter la pollution de l’air, responsable de la mort prématurée de 48 000 personnes chaque année. Pour ce faire, le candidat prévoit de « mettre fin à l’avantage fiscal accordé au diesel, faire installer des bornes de recharge électrique sur tout le territoire et financer la recherche pour l’autonomie des batteries pour voiture électrique ».

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Du côté des énergies, le candidat du Parti socialiste a annoncé vouloir réduire à 50% la part d’électricité nucléaire d’ici 2025, en fermant notamment les centrales nucléaires les plus à risque et arrivant en fin de vie. Pour atteindre l’objectif de 50% d’énergies renouvelables, il créera « une aide pour permettre aux citoyens de s’équiper en matériel de production d’énergie renouvelable domestique ».

Visa humanitaire et réécriture des accords de Dublin

En matière d’immigration, Benoît Hamon se montre favorable à l’accueil des réfugiés. En décembre 2016, il écrivait sur son site de campagne : « Je lèverai les obstacles actuels à l’intégration des demandeurs d’asile qui font les frais d’un système absurde : tout en leur versant une allocation d’insertion, nous les maintenons à l’écart de la société et les empêchons de contribuer à créer des richesses dans nos territoires ». Il propose ainsi une nouvelle législation calquée sur le modèle allemand : « Je donnerai aux demandeurs d’asile une autorisation de travailler après trois mois de présence sur le territoire et renforcerai les moyens affectés à l’accès à l’apprentissage de la langue française ».

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Il prévoit également de réviser les accords de Dublin sur le droit d’asile, qui font reposer le poids de l’accueil des réfugiés sur les pays aux frontières de l’Europe, l’Italie et la Grèce, et d’instaurer en Europe un « visa humanitaire » pour l’accueil des réfugiés.

Sur de nombreux autres points, le programme de Benoît Hamon rejoint celui de Jean-Luc Mélenchon. Tous deux veulent notamment abroger la loi Travail, mais aussi légaliser le cannabis.

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