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Sondage présidentielle française : le risque de l’abstention record

Depuis les dernières élections, l'électorat de gauche est démobilisé | © Belga

Politique

La campagne avance mais la tentation de l’abstention ne recule pas : à moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle plus d’un Français sur trois est tenté «d’aller à la pêche» le 23 avril prochain.

Selon le sondage en temps réel IFOP-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio, l’indice d’abstention atteint 38% des personnes interrogées. C’est même un point de plus que le 1er février, date du lancement de cette enquête quotidienne, et ce malgré un intérêt grandissant pour la campagne illustré par exemple par la bonne audience du dernier débat télévisé entre les cinq principaux candidats sur TF1.

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Les femmes plus susceptibles de s’abstenir

L’abstentionniste type : une femme, âgée de moins de 35 ans, plutôt employée ou ouvrière, habitant dans l’agglomération parisienne et affichant une proximité politique aussi bien pour la gauche que pour la droite. «Ces chiffres ne sont pas prédictifs mais il existe une réelle possibilité que l’abstention atteigne un record cette année», estime Frédéric Dabi directeur général adjoint de l’IFOP.

Dégoût et inutilité

Avec 28% d’abstention, l’élection présidentielle de 2002 est celle qui pour l’heure a attiré le moins les Français. Au delà des causes structurelles liées pour les uns «au dégoût» ou pour les autres à «l’inutilité» supposée du vote, l’édition 2017 est marquée par la multiplication des affaires mais aussi par la difficulté croissante des partis dits «de gouvernement» : le parti socialiste et les Républicains.*

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L’électorat de gauche démobilisé

Depuis 2012, tous les scrutins intermédiaires ont, en effet, ont été caractérisés par la démobilisation de l’électorat de gauche. La présidentielle s’inscrirait donc dans la continuité. «Mais la droite avec les difficultés de son candidat François Fillon semble aujourd’hui également touchée par ce phénomène», remarque Frédéric Dabi. Le recul de l’abstention constitue donc un enjeu majeur pour les candidats partis, quelques soient leurs étiquettes, à la chasse aux abstentionnistes.

Macron reste en tête

En attendant, c’est le quasi statu quo dans les intentions de vote pour le premier tour. Les cinq candidats de premier plan ne varient pas : Emmanuel Macron (25,5%, =), Marine Le Pen (25%, =), François Fillon (17,5%,=), Jean Luc Mélenchon (14%, =), Benoit Hamon (10,5%, =). Seuls Jean Lassalle gagne un demi point (1%), et Nicolas Dupont Aignan perd 0,5% à 4,5%.

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